Le mot du Président
Chers membres de l’AFDMA, chers amis,
Comme l’ont une nouvelle fois fait ressortir les discussions lors de notre récente assemblée générale à l’ambassade d’Allemagne à Paris, la coopération franco-allemande n’est pas « un long fleuve tranquille ». Des divergences marquantes persistent, sur le Mercosur, le traitement de la dette, le financement de la guerre en Ukraine, l’avion de combat du futur (SCAF)… Ces sujets sont particulièrement délicats, dans des moments et un environnement géopolitiques difficiles. Le cours de cette coopération n’a cependant jamais été parfaitement linéaire et la recherche de compromis pas toujours évidente, souvent soumise à des hypothèses de nécessité.
Cette coopération se poursuit, avec la récente participation du ministre des Affaires étrangères français au « conseil des ministres allemand » et, surtout, avec la « déclaration commune du Président Macron et du Chancelier Merz » (voir ci après), consécutive au « discours de l’Ile Longue » sur la dissuasion nucléaire, une nouvelle illustration qui pourrait constituer un grand pas pour la sécurité européenne.
La réconciliation franco-allemande est-elle un modèle et quelles sont ses limites dans le cadre d’une Europe élargie? C’est à cette question que s’efforce de répondre Pierre-Frédéric Weber dans son article repris dans cette « Lettre ». La société civile, et tout particulièrement les échanges de jeunes, ont été déterminants dans le rapprochement entre nos deux pays et dans la création de liens d’amitié et de confiance. Le Président de Gaulle et le Chancelier Adenauer avaient expressément souhaité que l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) mette son expérience au service de la construction européenne. Leurs vœux ont été exaucés et concrétisés par la mise en place de programmes d’échanges européens ( « Jeunesse pour l’Europe », « Erasmus »…), bilatéraux pour l’Allemagne : Office germano-polonais pour la jeunesse, Bureau des échanges germano-tchèques, germano-israëliens, germano-grecs, et même germano-russes en son temps. L’initiative de l’OFAJ dans les Balkans occidentaux a débouché sur la création d’un « Office régional de coopération de la Jeunesse » (RYCO) à son image, financé par ses six pays fondateurs et l’Europe. Le rôle des échanges internationaux de jeunes comme « soft power », porteurs de dialogue, de stabilité et de paix, au service de la politique étrangère, a été ainsi largement reconnu, bien sûr dans des cadres et des conditions différentes. L’exemple franco-allemand, à défaut d’être un modèle, reste une référence.
Bien cordialement,
Général (2S) Bertrand Louis Pflimlin
Président
