Lettre d’information n°68. Octobre 2026.

LA LETTRE D’INFORMATION

sur les relations franco-allemandes et l’Allemagne

 N° 68. Octobre 2026.

Responsable de la rédaction : Bernard Viale.

Délégué à  la « Communication ».

 Le mot du Président

Chers membres de l’AFDMA, chers amis,

Les récentes élections régionales en Saxe-Anhalt, dans le Mecklenbourg- Poméranie occidentale et, dans une moindre mesure, à Berlin, l’ont confirmé : l’extrême droite a encore progressé en Allemagne. Même si ces expressions populaires résultent en grande partie de spécificités historiques et géographiques, l’élection de l’AFD à la présidence du Land de Saxe-Anhalt, qui ouvre une voie d’accès à la formation d’un gouvernement, suscite de fortes inquiétudes, en particulier en raison de ses positions pro-russes.  Cette progression pose des questions aux grands partis populaires (« Volksparteien ») dont l’audience et l’autorité sont menacées. Le Chancelier Merz, dont la popularité est au plus bas, en fait les frais. On peut relever en cela un certain parallélisme avec la situation politique dans notre pays, dont la stabilité en cette période pré-électorale est aussi fragilisée par la montée des extrêmes. On peut craindre que ces évolutions ne soient pas de bon augure pour l’avenir des relations entre nos deux pays et pour l’Europe, dans un contexte international marqué par de nombreux conflits. Nous devrons rester vigilants.

Malgré cela et malgré certains échecs,  la coopération continue. Les institutions fonctionnent et la société civile continue à entretenir la flamme de l’amitié entre nos deux pays. Vous trouverez dans cette « Lettre » un article paru récemment dans un grand quotidien régional (« La Dépêche du Midi ») relatant l’engagement de notre délégué à la communication, Bernard Viale, et son implication en faveur de la réconciliation franco-allemande et d’un mieux vivre ensemble en Europe. Tout d’abord bénévolement au sein de la société civile et d’associations de formation de la jeunesse, puis ensuite au sein de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).  L’OFAJ, que d’aucuns ont baptisé « le plus beau bébé du traité de l’Elysée », a permis a des millions de jeunes de se rencontrer, d’échanger et de nouer des liens d’amitié. Il a été le précurseur des programmes d’échanges européens avec un aspect moins connu de son action, l’ouverture à des pays tiers. L’exemplarité voulue par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer a été réalisée, dans des contextes pas toujours faciles, tels ces dernières décennies dans les Balkans.

Les échanges internationaux ont été reconnus comme éléments essentiels de la formation et de l’éducation des jeunes, favorisant leur ouverture d’esprit, leur compréhension de l’altérité et les valeurs humanistes de respect et de tolérance. Nos gouvernements en ont pleinement conscience et ont toujours veillé à les protéger des tentations de repli …et d’économies. A suivre.

Bien cordialement,

Général (2S) Bertrand Pflimlin

Président

Sommaire :

Le mot du Président.

 

Publications :

– L’Allemagne et la France renforcent leur coopération pour une Europe plus sûre.

– 35 ans au service de la réconciliation franco-allemande et de l’Europe.

–  Un partenariat particulier au sein de l’Europe : le Triangle de Weimar.

– Vient de paraître : « D’entre les lignes », par Serge Braun.

– Allemagne d’aujourd’hui : l’Allemagne face à l’Amérique de D. Trump.

 

– Les manifestations franco-allemandes passées et à venir.

– La vie de l’AFDMA.

                                                                                                                                              Publications

 Durant les mois passés, nous avons publié un certain nombre d’articles sur notre site internet www.afdma.fr que nous ne reprenons pas dans cette « Lettre d’information ». Vous les retrouverez en page d’accueil  dans le « carrousel d’articles d’actualité » ou « En direct du franco-allemand ».

Rendez-vous sur www.afdma.fr !

 

L’Allemagne et la France renforcent leur coopération pour une Europe plus sûre

Lors du 26e Conseil des ministres franco-allemand, vendredi 17 juillet, à Brühl, Paris et Berlin ont annoncé de nouveaux projets communs dans le domaine de la défense et réaffirmé leur engagement en faveur de l’Europe, de la compétitivité et de la coopération bilatérale.

Exit l’avion du futur, place à la dissuasion nucléaire. Un mois après avoir acté l’échec du SCAF (Future Combat Air System) sur fond de désaccords entre les industriels, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont annoncé de nouveaux projets franco-allemands dans le domaine de la défense lors du 26e Conseil des ministres franco-allemand, le 17 juillet, à Brühl, près de Cologne.

Le chancelier l’a souligné : la coopération franco-allemande est « indispensable à une époque qui voit la Russie menacer notre sécurité, la République Populaire de Chine concurrencer notre économie et dans laquelle le partenariat transatlantique a perdu de son évidence ».

« Emprunter une nouvelle voie commune en matière de dissuasion nucléaire »

L’Allemagne et la France ont donc décidé d’approfondir leur partenariat stratégique. La principale nouveauté est la volonté d’« emprunter une nouvelle voie commune en matière de dissuasion nucléaire », selon M. Merz.

Un groupe de pilotage stratégique a été créé. Il réfléchira « à la combinaison de capacités qui nous permettra de renforcer encore notre dissuasion commune ».

Un premier pas concret est annoncé avant la fin de l’année : pour la première fois, des militaires des forces conventionnelles allemandes participeront à un exercice nucléaire des forces armées françaises.

Cette participation à la « dissuasion avancée » est complémentaire du rôle de la Bundeswehr dans le cadre du partage nucléaire et de la dissuasion de l’OTAN « auxquels nous restons attachés », a expliqué Friedrich Merz. Emmanuel Macon, de son côté, a exclu tout cofinancement du nucléaire français. « L’objectif, c’est d’améliorer la sécurité du continent européen, de créer plus d’incertitude chez nos adversaires », a-t-il affirmé.

Coopération accrue en matière de défense

Sur la base aérienne de Nörvenich, le Conseil franco-allemand de sécurité et de défense a, par ailleurs, décidé la poursuite de certains éléments du projet SCAF, notamment le système de communication et le pilotage numérique. « Le SCAF ne s’est jamais résumé à un avion de combat, c’est un système de combat », a rappelé M. Merz.

La France et l’Allemagne veulent également renforcer leur coopération en matière de propulsion balistique à longue portée, de défense aérienne et antimissile, ainsi que dans le domaine spatial et sur l’« alerte avancée » via les satellites connectés.

La compétitivité de l’industrie européenne en ligne de mire

Au-delà de la défense, le Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) s’est penché sur l’enjeu clé de la compétitivité de l’industrie. Les gouvernements des deux pays ont décidé de poursuivre et d’enrichir l’Agenda économique franco-allemand annoncé lors du CMFA de Toulon, en août 2025. Paris et Berlin partagent l’ambition d’encourager l’innovation et les technologies de pointe de l’intelligence artificielle (IA) à la microélectronique, au quantique et aux technologies de fusion.

Dans le domaine de l’énergie, Friedrich Merz a mis en avant la réalisation du projet de corridor hydrogène du Sud-Ouest. Ce projet d’infrastructures stratégique reliant notamment l’Espagne, le Portugal, la France et l’Allemagne doit permettre d’acheminer de l’hydrogène renouvelable et bas carbone depuis l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord vers les grands centres industriels d’Europe centrale.

Dans le domaine spatial, la France et l’Allemagne se concertent étroitement sur les questions d’attribution des fréquences pour les satellites et sur le nouveau programme de constellation satellitaire de l’Union européenne IRIS² (Infrastructure for Resilience, Interconnectivity and Security by Satellite).

Pour relever le défi de la compétitivité, elles entendent, par ailleurs, poursuivre leurs ambitions en matière d’intégration du marché intérieur et de réduction de la bureaucratie. Et elles travaillent à un agenda pour permettre à l’Europe de se défendre contre les pratiques commerciales déloyales et défendre des conditions de concurrence équitables. Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont l’un et l’autre pointé du doigt les pratiques commerciales de la Chine, ainsi que la sous-évaluation du yuan, la monnaie chinoise, qui offre artificiellement à l’Empire du Milieu un avantage comparatif vis-à-vis de ses concurrents.

Coopération franco-allemande au service de l’Europe

Au-delà, Paris et Berlin veulent donner une nouvelle impulsion à l’Union européenne pour les six mois à venir, que ce soit pour insuffler une nouvelle dynamique au processus d’élargissement ou pour tenter de boucler avant la fin de l’année le Cadre financier pluriannuel (le « budget européen ») à partir de 2028.

Le 26e Conseil des ministres franco-allemand siégeait dans le cadre prestigieux du château d’Augustusburg. En 1962, le général de Gaulle y a proposé au chancelier Adenauer ce qui allait devenir le traité de l’Élysée.

64 ans plus tard, Friedrich Merz et Emmanuel Macron y ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’amitié et de la coopération entre les deux pays. « L’amitié envers la France et notre engagement commun pour une Europe unie sont au cœur de la politique étrangère allemande », a souligné le chancelier. « Nous comptons sur vous, et vous pouvez compter sur nous. Vous pouvez vous fier à nous. »

À quelques mois de l’élection présidentielle allemande, il en a assuré les Français : « la main de l’Allemagne restera toujours tendue, quels que soient les choix des électrices et des électeurs dans nos deux pays. »

 

35 ans au service de la réconciliation franco-allemande et de l’Europe

Bernard Viale a consacré sa vie au service de la réconciliation franco-allemande et de la paix en Europe. Durant 35 années, il a eu la chance de vivre sa passion et d’avoir de nombreuses responsabilités au sein de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), institution internationale créée par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer dans le cadre du Traité franco-allemand de coopération et d’amitié en 1963.

Pour Bernard, tout a commencé avec son père, un artisan graulhétois, qui a été embarqué au STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne à 18 ans. Cela l’a convaincu que, malgré toutes les vicissitudes qu’il avait vécues, l’Allemagne et la France devraient avoir un destin commun.

« Il s’était promis, à son retour d’Allemagne, que s’il avait un fils, ce dernier apprendrait l’allemand pour retourner avec lui un jour dans ce pays où il avait beaucoup souffert mais dont il avait été impressionné par la force de vie. »

Ce qui fut fait, et c’est comme cela que débuta une longue histoire pour le jeune Bernard, qui a fait ses débuts de « passeur interculturel » du haut de ses 15-16 ans au Foyer Léo Lagrange de Graulhet. À l’époque, il accueillait bénévolement les 1ers groupes de jeunes et moins jeunes Allemands et accompagnait les 1ers groupes de Graulhétois à Prien am Chiemsee, future ville jumelle de Graulhet. Il a fait partie des précurseurs du jumelage, aujourd’hui géré par la municipalité.

Formé par l’éducation populaire, une éducation non formelle qui formait les citoyens en complément de l’école, Bernard était tour à tour traducteur franco-allemand, guide touristique et animateur de stages linguistiques au sein de la structure durant l’été. C’est lors de la visite à Graulhet d’un représentant de l’OFAJ que sa vie a basculé et que l’organisme lui a payé une formation de professeur d’allemand par la méthode audiovisuelle.

« Un jour, j’ai fait une démonstration de cours de langue à la chambre syndicale des mégissiers. Les patrons ont été enchantés, ils ont immédiatement monté un centre linguistique et, avec une collègue, nous enseignions l’allemand, en cours du soir, à des secrétaires et des cadres administratifs, car Graulhet, à l’époque, travaillait avec de nombreuses entreprises de cuir allemandes. C’était de 1971 à 1972 », précise Bernard.

Une carrière au service de la réconciliation

En 1972, il termine la FAC et part en Allemagne pour devenir responsable des relations internationales à la Centrale fédérale « Arbeit und Leben », une association pour la formation continue des jeunes et des adultes, créée par le DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund / Confédération des syndicats allemands) et le DVV (Deutscher Volkshochschulverband / Fédération des Universités Populaires), à Düsseldorf. Il y organise pendant 2 ans des échanges franco-allemands de jeunes travailleurs ou en formation professionnelle, postiers, ouvriers métallurgistes et syndicalistes.

En 1974, il entre à l’OFAJ, « le saint des saints » de la réconciliation franco-allemande. Pour Bernard, son rêve devient alors réalité. Il débute comme chef adjoint puis chef du service « Jeunesse, échanges scolaires, jumelages de villes, échanges sportifs » jusqu’en 1986. Il devient ensuite coordonnateur / directeur permanent, directement rattaché au secrétaire général, avec pour missions de coordonner les services en France et en Allemagne, le suivi du Conseil d’administration, la gestion financière et administrative, ainsi que le suivi de la coopération avec les partenaires institutionnels et associatifs des deux pays et au niveau européen. Il y œuvrera jusqu’en 2008, année de son départ à la retraite. Sa carrière le conduira à prendre en charge les échanges avec les pays de l’Union européenne, les pays du centre et de l’est de l’Europe, les pays du sud-est de l’Europe et les pays du pourtour méditerranéen, reproduisant ainsi les principes fondamentaux de réconciliation de l’OFAJ.

Un artisan du dialogue dans les Balkans

Après l’Allemagne et l’Europe centrale, Bernard Viale a œuvré à rapprocher les jeunesses des Balkans occidentaux. À partir des années 2000, après la fin de la guerre du Kosovo, L’OFAJ est sollicité par les gouvernements pour mettre en œuvre de nouveaux échanges avec les Balkans occidentaux : Kosovo, Macédoine, Bosnie, Croatie et Serbie. Son objectif : favoriser le dialogue et construire une politique de paix entre des pays meurtris par la guerre.

Durant ses huit dernières années à l’OFAJ, il consacre son action à rechercher des partenaires et à rencontrer les représentants d’une société civile renaissante, les ambassadeurs, les responsables politiques. Une démarche qui aboutira à la création du RYCO (Regional Youth Coopération Office), une nouvelle organisation pour la coopération de la jeunesse dans les Balkans occidentaux, co-financée par l’Europe et construite à l’image de l’OFAJ.

« Après la chute du mur, nous avons ouvert des échanges avec les jeunes des pays de l’Europe centrale et orientale, principalement la Pologne, dans le cadre du triangle de Weimar qui instaurait une relation privilégiée entre la France, l’Allemagne et la Pologne. Nous devions aussi intégrer les jeunes Allemands de l’Est dans les échanges. »

Cette expérience illustre la volonté de Bernard Viale d’étendre au-delà du couple franco-allemand les principes de dialogue, de coopération et de réconciliation qui ont guidé sa carrière. Une vie consacrée au rapprochement des peuples et à la construction de la paix.

« L’équipe» de B.Viale dans les Balkans :De g.à d, Bujar Luma, Tetovo (Macédoine du Nord), Bernard Viale, Frank Morawietz (Berlin), Jean-Luc Menu (Sète), Nicolas Moll (Sarajevo) dans la bibliothèque de Sarajevo (Bosnie), détruite pendant l’offensive serbe et reconstruite à l’identique, lors du 15e anniversaire de l’initiative de l’OFAJ dans les Balkans.

Après 35 années consacrées à rapprocher les peuples, Bernard Viale profite aujourd’hui de sa retraite autour de ses deux passions : le bridge, qu’il pratique au club de Graulhet, et les voitures anciennes. Il possède notamment un superbe cabriolet MGB. Il est toujours actif dans les relations franco-allemandes en étant actuellement le Délégué à la Communication de l’AFDMA.

 

Pierre Assémat. Article paru dans « La Dépêche du Midi » du 21.08.2026

 

 Un partenariat particulier au cœur de l’Europe : le Triangle de Weimar

 

Il y a 35 ans fut posée à Weimar la première pierre d’un partenariat particulier au cœur de l’Europe. Le ministre allemand des Affaires étrangères Wadephul et ses homologues français et polonais, MM. Barrot et Sikorski, se sont réunis de nouveau début septembre là où le Triangle de Weimar vit le jour.

C’est dans cette ville que les chefs de la diplomatie de l’époque, Hans-Dietrich Genscher, Roland Dumas et Krzysztof Skubiszewski, se réunirent pour la première fois en 1991 et posèrent la première pierre de cette coopération étroite qui incarne désormais l’unité européenne.

L’Europe se trouvait à l’époque dans une phase de profonde transformation. La réunification allemande et la fin de la division de l’Europe offraient une opportunité historique de rapprocher davantage les pays du continent. Aujourd’hui, l’Allemagne, la France et la Pologne sont des partenaires extrêmement proches au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. En célébrant justement cet anniversaire à Weimar, un lien est créé entre le sentiment de renouveau historique qui régnait à la fin de la guerre froide ainsi que les transformations et défis tout aussi profonds de notre temps. À l’époque comme aujourd’hui, il était question d’assumer ensemble des responsabilités pour une Europe libre, sûre et capable d’agir.

Le ministre des Affaires étrangères Wadephul a souligné à Weimar :

Nous vivons à une époque où la confiance et les alliances revêtent une importance inestimable. Il y 35 ans à Weimar, d’importantes premières pierres ont été posées pour notre avenir.

Ensemble aux côtés de l’Ukraine

La guerre d’agression russe contre l’Ukraine est l’un des principaux enjeux de la rencontre d’aujourd’hui. Alors que l’Ukraine s’apprête à affronter un nouvel hiver de guerre, l’accent sera particulièrement mis sur le renforcement de la défense aérienne ukrainienne. L’Allemagne, la France et la Pologne discuteront de la manière dont elles peuvent coordonner plus étroitement encore leurs mesures d’aide ainsi que contribuer, aux côtés de leurs partenaires, à apporter un soutien à long terme à l’Ukraine sur les plans militaire et financier. Les trois ministres entendent par ailleurs augmenter la pression sur Moscou afin que la Russie entame des négociations sérieuses.

La perspective européenne de l’Ukraine figurait elle aussi à l’ordre du jour de la réunion des ministres. L’Allemagne s’est engagée pour que de véritables progrès soient réalisés dans le processus d’élargissement. Les pays du Triangle de Weimar veulent envoyer ensemble un signal fort : la perspective d’adhésion de l’Ukraine, de la  Moldavie et des États des Balkans occidentaux doit demeurer crédible. Parallèlement, des réformes pérennes restent l’une des conditions sine qua non d’un processus d’adhésion rapide.

Unis face aux menaces hybrides

La sécurité de l’Europe est loin d’être menacée uniquement par des moyens militaires conventionnels. Les attaques hybrides, les actes de sabotage, la désinformation et les attaques contre des infrastructures critiques posent des défis croissants aux États européens.

Le dernier incident en date à Leipzig témoigne d’une nouvelle dimension des menaces hybrides. En conséquence, l’Allemagne continue de développer ses capacités. Dans le même temps, une coopération encore plus étroite s’impose à l’échelle européenne. Celle-ci ne doit pas se limiter à l’échange d’informations, mais permettre notamment des réactions rapides et coordonnées qui alourdissent le coût des attaques hybrides.

L’Allemagne, la France et la Pologne coopèrent déjà étroitement en matière de lutte contre la désinformation et l’ingérence étrangère. Nous souhaitons approfondir davantage cette collaboration opérationnelle et, par là même, donner également des impulsions en vue d’une approche conjointe au sein de l’UE.

Une Europe plus forte dans un monde transformé

La sécurité économique est aussi devenue une question essentielle de la politique étrangère et de sécurité. La pression économique et les restrictions à l’exportation de matières premières critiques influent non seulement sur la compétitivité de l’Europe, mais aussi de plus en plus sur sa capacité de défense. L’Allemagne, la France et la Pologne veulent donc renforcer la résilience européenne, réduire les risques et, parallèlement, maintenir les canaux de communication ouverts.

Une Europe forte est également synonyme d’une UE capable d’agir et d’un pilier européen plus puissant au sein de l’OTAN. Il en va également de l’organisation institutionnelle de l’action extérieure de l’UE ainsi que de procédures de décision plus rapides et améliorées en matière de politique étrangère et de sécurité commune. Les décisions prises lors du dernier sommet de l’OTAN doivent être mises en œuvre de façon conséquente et il convient par ailleurs de renforcer l’industrie de défense de l’Europe et les capacités européennes.

35 ans après sa création, le Triangle de Weimar continue ainsi de remplir le rôle pour lequel il a été conçu : une plateforme qui permet à l’Allemagne, à la France et à la Pologne de développer ensemble des réponses aux grandes questions européennes, et qui donne des impulsions pour une Europe unie, sûre et capable d’agir.

 

Vient de paraître : « D’entre les lignes »

Par Serge Braun

Deux frères alsaciens, juifs. L’un, Jean-Pierre, est déporté à Buchenwald, échappera à la mort à de nombreuses reprises et ramènera un document considéré aujourd’hui comme unique : un carnet rédigé pendant sa captivité et même pendant « la marche de la mort ».

Son frère, Gaston, rejoint la France libre et sera décoré pour un exploit audacieux, avoir trompé 1000 artilleurs allemands pour qu’ils se rendent lors de la libération de Toulon.

80 ans plus tard, Serge Braun a rassemblé les archives de ces deux destins héroïques pour un récit qui réveille cette mémoire restée jusqu’ici silencieuse. Serge Braun, chercheur de renommée mondiale en maladies génétiques (il a été, entre autres, le Président du Téléthon), a publié plusieurs ouvrages dans de grandes maisons d’édition.

 

Une destinée exceptionnelle : Jean-Pierre Braun, Inspecteur de la jeunesse et des sports, a rejoint l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) en 1970 et s’est consacré avec passion à la réconciliation franco-allemande. J’ai été son adjoint pendant 12 ans. Une collaboration en toute confiance et empreinte d’un fort respect mutuel. Je lui ai succédé en 1986 après son départ à la retraite, qui s’est effectué dans une discrétion totale. Il ne m’a parlé que très rarement de ses souffrances endurées par le passé. Il avait été décoré à deux reprises du Mérite allemand, pendant son activité à l’OFAJ et après son départ. Personne ne l’a jamais su.

 

Bernard Viale

« D’entre les lignes », de Serge Braun.

Editions Bourg Blanc. www.editionsbourgblanc.com

ISBN : 9791091012317

 

 

Allemagne d’aujourd’hui

N° 257 Juillet-septembre 2026

 

L’Allemagne face à l’Amérique de Donald Trump

Un dossier réalisé sous la direction de Detlef Puhl, Hans Stark et Jérôme Vaillant.

  • Evolution des représentations des Etats-Unis en Allemagne.
  • Le regard des Allemands sur le monde sous l’Amérique de D.Trump.
  • Les liens entre l’AFD et le mouvement MAGA
  • L’Europe face aux puissances américaine, russe et chinoise.
  • L’Allemagne et l’OTAN (avec ou sans les Etats-Unis?)
  • L’impact de la présidence Trump sur le réarmement de l’Allemagne.
  • L’impact de la politique protectionniste sur le modèle économique allemand.
  • L’importance du marché américain pour l’industrie automobile allemande.
  • Souveraineté technologique face à la suprématie de la tech américaine.
  • Tensions transatlantiques et relance du couple franco-allemand.
  • La Zeitenwende (changement d’époque) vue de France.

Les manifestations franco-allemandes

A la Maison Heinrich Heine

Cité universitaire internationale, Boulevard Jourdan, 75014 Paris.

Mardi 10.11.2026, 19h30

« Mitterrand, Kohl et l’Europe. Frictions et entente franco-allemande »

Le tournant de 1983 marque un moment décisif de l’histoire politique française.En maintenant la France dans le Système monétaire européen (SME), FrançoisMitterrand engage la gauche dans une nouvelle voie. Renoncement aux ambitions de transformation sociale ou choix assumé de la construction européennequi mènera à Maastricht et à l’euro ?

Cette conférence reviendra sur le rôle des relations franco-allemandes, l’influence du chancelier Helmut Kohl et l’impact de la réunification allemande dans l’approfondissement du projet européen.

Avec Joachim Bitterlich, Ambassadeur e.r, ancien conseiller européen, diplomatique  et de politique de sécurité du Chancelier Helmut Kohl. Professeur (affilié) ESCP ;

Frédéric Bozo, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne Nouvelle et membre sénior de l’Institut universitaire de France ;

Élisabeth Guigou, ancienne ministre et ancienne conseillère de François Mitterrand pour les affaires européennes ;

Hélène Miard-Delacroix, professeure d’histoire et de civilisation de l’Allemagne contemporaine à Sorbonne Université.

Modération : Henri Ménudier, professeur émérite de l’Université Sorbonne Nouvelle.

En partenariat avec le CIERA.

 

Conférence annuelle du CERFA

 

19 novembre 2026, en ligne ou à l’IFRI

Dans un contexte géopolitique profondément bouleversé, marqué par de fortes incertitudes et des défis majeurs pour l’Europe, comprendre les enjeux et les évolutions de la relation franco-allemande est plus essentiel que jamais. Quel rôle le partenariat franco-allemand peut-il jouer face aux enjeux européens actuels ?

        

Mot de bienvenue : Paul Maurice
Secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa), Ifri

Ouverture : Ina Heusgen
Ministre plénipotentiaire, Ambassade de la République fédérale d’Allemagne en France et auprès de Monaco

Tristan Aureau
Directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
La conférence s’articulera autour de deux tables rondes franco-allemandes consacrées à l’avenir de l’Union européenne ainsi qu’aux enjeux économiques, industriels et de défense en Europe. 
Elle se tiendra en français et en allemand avec une traduction simultanée.

La conférence sera suivie d’un cocktail.

Les lauréats du Prix Franco-Allemand du Journalisme récompensés à Paris

 

Documentaire, investigation, actualités, sciences, jeunes talents, prix spécial : les lauréats du Prix Franco-Allemand du Journalisme (PFAJ) 2026 ont été distingués à Paris. Le Prix Franco-Allemand du Journalisme et des Médias a récompensé François Villeroy de Galhau, ancien Gouverneur de la Banque de France, et le Professeur Joachim Nagel, Président de la Bundesbank.

Ce prix honore « [leur] collaboration étroite pendant de nombreuses années au sein du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne » et « sur la scène publique ». « Leur relation de confiance a donné, à des moments décisifs, une impulsion à la coopération économique franco-allemande et européenne », a souligné le PFAJ.

La vie de l’AFDMA

 

Le Prix de l’AFDMA a été remis le 27 juin dernier à Charles Priou, élève de Terminale 6 au Prytanée de La Flèche.

 

La prochaine réunion du Bureau est prévue le 5 novembre 2026 à Paris