Le mot du Président

Chers membres de l’AFDMA, chers amis,

Les récentes élections régionales en Saxe-Anhalt, dans le Mecklenbourg- Poméranie occidentale et, dans une moindre mesure, à Berlin, l’ont confirmé : l’extrême droite a encore progressé en Allemagne. Même si ces expressions populaires résultent en grande partie de spécificités historiques et géographiques, l’élection de l’AFD à la présidence du Land de Saxe-Anhalt, qui ouvre une voie d’accès à la formation d’un gouvernement, suscite de fortes inquiétudes, en particulier en raison de ses positions pro-russes.  Cette progression pose des questions aux grands partis populaires (« Volksparteien ») dont l’audience et l’autorité sont menacées. Le Chancelier Merz, dont la popularité est au plus bas, en fait les frais. On peut relever en cela un certain parallélisme avec la situation politique dans notre pays, dont la stabilité en cette période pré-électorale est aussi fragilisée par la montée des extrêmes. On peut craindre que ces évolutions ne soient pas de bon augure pour l’avenir des relations entre nos deux pays et pour l’Europe, dans un contexte international marqué par de nombreux conflits. Nous devrons rester vigilants.

Malgré cela et malgré certains échecs,  la coopération continue. Les institutions fonctionnent et la société civile continue à entretenir la flamme de l’amitié entre nos deux pays. Vous trouverez dans cette « Lettre » un article paru récemment dans un grand quotidien régional (« La Dépêche du Midi ») relatant l’engagement de notre délégué à la communication, Bernard Viale, et son implication en faveur de la réconciliation franco-allemande et d’un mieux vivre ensemble en Europe. Tout d’abord bénévolement au sein de la société civile et d’associations de formation de la jeunesse, puis ensuite au sein de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).  L’OFAJ, que d’aucuns ont baptisé « le plus beau bébé du traité de l’Elysée », a permis a des millions de jeunes de se rencontrer, d’échanger et de nouer des liens d’amitié. Il a été le précurseur des programmes d’échanges européens avec un aspect moins connu de son action, l’ouverture à des pays tiers. L’exemplarité voulue par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer a été réalisée, dans des contextes pas toujours faciles, tels ces dernières décennies dans les Balkans.

Les échanges internationaux ont été reconnus comme éléments essentiels de la formation et de l’éducation des jeunes, favorisant leur ouverture d’esprit, leur compréhension de l’altérité et les valeurs humanistes de respect et de tolérance. Nos gouvernements en ont pleinement conscience et ont toujours veillé à les protéger des tentations de repli …et d’économies. A suivre.

Bien cordialement,

Général (2S) Bertrand Pflimlin

Président