Lettre d’information n°66. Avril 2026.
N° 66. Avril 2026.
Responsable de la rédaction : Bernard Viale.
Délégué à la « Communication ».
Le mot du Président
Chers membres de l’AFDMA, chers amis,
Comme l’ont une nouvelle fois fait ressortir les discussions lors de notre récente assemblée générale à l’ambassade d’Allemagne à Paris, la coopération franco-allemande n’est pas « un long fleuve tranquille ». Des divergences marquantes persistent, sur le Mercosur, le traitement de la dette, le financement de la guerre en Ukraine, l’avion de combat du futur (SCAF)… Ces sujets sont particulièrement délicats, dans des moments et un environnement géopolitiques difficiles. Le cours de cette coopération n’a cependant jamais été parfaitement linéaire et la recherche de compromis pas toujours évidente, souvent soumise à des hypothèses de nécessité.
Cette coopération se poursuit, avec la récente participation du ministre des Affaires étrangères français au « conseil des ministres allemand » et, surtout, avec la « déclaration commune du Président Macron et du Chancelier Merz » (voir ci après), consécutive au « discours de l’Ile Longue » sur la dissuasion nucléaire, en sont une nouvelle illustration qui pourrait constituer un grand pas pour la sécurité européenne.
La réconciliation franco-allemande est-elle un modèle et quelles sont ses limites dans le cadre d’une Europe élargie? C’est à cette question que s’efforce de répondre Pierre-Frédéric Weber dans son article repris dans cette « Lettre ». La société civile, et tout particulièrement les échanges de jeunes, ont été déterminants dans le rapprochement entre nos deux pays et dans la création de liens d’amitié et de confiance. Le Président de Gaulle et le Chancelier Adenauer avaient expressément souhaité que l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) mette son expérience au service de la construction européenne. Leurs vœux ont été exaucés et concrétisés par la mise en place de programmes d’échanges européens ( « Jeunesse pour l’Europe », « Erasmus »…), bilatéraux pour l’Allemagne : Office germano-polonais pour la jeunesse, Bureau des échanges germano-tchèques, germano-israëliens, germano-grecs, et même germano-russes en son temps. L’initiative de l’OFAJ dans les Balkans occidentaux a débouché sur la création d’un « Office régional de coopération de la Jeunesse » (RYCO) à son image, financé par ses six pays fondateurs et l’Europe. Le rôle des échanges internationaux de jeunes comme « soft power », porteurs de dialogue, de stabilité et de paix, au service de la politique étrangère, a été ainsi largement reconnu, bien sûr dans des cadres et des conditions différentes. L’exemple franco-allemand, à défaut d’être un modèle, reste une référence.
Bien cordialement,
Général (2S) Bertrand Louis Pflimlin
Président
Sommaire :
Le mot du Président.
Publications :
– Déclaration conjointe du Président Macron et du Chancelier Merz sur la dissuasion nucléaire.
– La réconciliation franco-allemande : un modèle et ses limites dans l’Europe élargie. Par Pierre-Frédéric Weber.
– Record d’Allemagne pour la Sarre : plus de 10 monnaies en un siècle ! Par Jean-Marie Fèvre.
– France-Allemagne : favoriser le quotidien des frontaliers.
– 150ème anniversaire de Konrad Adenauer : entre humour, malentendus et mémoire. Par G. Foussier.
– Paula Moderson-Becker : un visage de la modernité à (re)découvrir.
La vie de l’AFDMA :
L’assemblée générale et la réunion des Délégués régionaux.
Publications
Durant les mois passés, nous avons publié un certain nombre d’articles sur notre site internet www.afdma.fr que nous ne reprenons pas dans cette « Lettre d’information ». Vous les retrouverez en page d’accueil dans le « carrousel d’articles d’actualité » ou « En direct du franco-allemand ».
Rendez-vous sur www.afdma.fr !
Déclaration conjointe du Président Macron et du Chancelier Merz.
Publiée le 2 mars 2026
Dans l’esprit de leur partenariat étroit, tel que défini à l’article 4 du traité d’Aix-la-Chapelle, la France et l’Allemagne ont décidé de renforcer leur coopération en matière de dissuasion en réponse à l’évolution des menaces.
La France et l’Allemagne ont mis en place un groupe de pilotage nucléaire de haut niveau qui servira de cadre bilatéral pour le dialogue doctrinal et la coordination de la coopération stratégique, notamment pour les consultations relatives à l’articulation optimale de capacités conventionnelles, de défense antimissile et de capacités nucléaires françaises. La France et l’Allemagne se sont engagées à prendre des mesures concrètes dès cette année, notamment la participation de l’Allemagne aux exercices nucléaires français, des visites conjointes sur des sites stratégiques et le développement de capacités conventionnelles avec leurs partenaires européens. La France et l’Allemagne renforceront également leur capacité, en tant qu’Européens, à gérer l’escalade sous le seuil nucléaire, en particulier dans les domaines de l’alerte avancée, de la défense aérienne et des frappes de précision en profondeur.
Cette coopération franco-allemande repose sur la conviction partagée que la dimension nucléaire de la dissuasion demeure un pilier de la sécurité européenne, laquelle s’appuie sur la dissuasion élargie des États-Unis, notamment les armes nucléaires américaines prépositionnées en Europe, et sur les forces nucléaires stratégiques indépendantes de la France et du Royaume-Uni, qui ont un rôle dissuasif propre et contribuent significativement à la sécurité globale de l’Alliance. Cette coopération franco-allemande viendra compléter, et non remplacer, la dissuasion nucléaire de l’OTAN et les accords de partage nucléaire de l’OTAN, auxquels l’Allemagne contribue et continuera de contribuer. La France et l’Allemagne continueront de respecter leurs obligations au titre du droit international, notamment le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Compte tenu de leur ferme engagement envers l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord et l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne, la coopération franco-allemande vise à renforcer les systèmes de sécurité collective auxquels appartiennent les deux pays. Elle vise à renforcer la sécurité de l’Europe dans son ensemble. Une attention particulière sera portée à la coordination avec les États-Unis, le Royaume-Uni, les autres Alliés et l’OTAN.
La réconciliation franco-allemande. Un modèle et ses limites dans l’Europe élargie
Par Pierre-Frédéric Weber
Professeur d’histoire du temps présent et vice-directeur de l’Institut d’histoire de l’université de Szczecin.
Vantée, généralement à juste titre, comme le fondement et la condition sine qua non du processus d’intégration (ouest-)européenne suivant la Seconde Guerre mondiale, la réconciliation entre Français et Allemands a été à l’origine d’un rapprochement bilatéral entre gouvernements et sociétés civiles, marqué par une intensification des échanges, notamment entre jeunes, depuis le milieu des années soixante du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Basée sur un narratif convaincant et servie par une iconographie riche de symboles marquants, cette gestion post-conflictuelle des rapports entre deux des principaux acteurs européens a souvent été présentée, en particulier depuis la fin de la guerre froide, comme une success story et un exemple à suivre, jouissant d’ailleurs en cela d’une assez large légitimité en Europe. Toutefois, on a pu observer depuis les années deux mille que la transposition de ce « modèle » dans le cadre d’autres relations bilatérales chargées par un passé conflictuel ne s’opère pas aussi aisément que l’optimisme de la fin des années quatre-vingt l’avait fait espérer, notamment en Europe centrale et orientale. Il ne s’agit là pas tant d’une difficulté d’ordre technique que d’une tension transeuropéenne autour de la légitimation contestable et contestée d’un narratif perçu comme dominant sur fond de hiatus persistant entre l’ouest et l’est (le centre-est) du continent européen quant à la mémoire collective du XXe siècle.
Couple, tandem, moteur… Retour sur les métaphores de la dynamique franco-allemande
La réconciliation franco-allemande fut à l’origine lancée par le haut, engagée par les chefs de l’exécutif de la France et de la République fédérale d’Allemagne (RFA), le général Charles de Gaulle – président de la République – et le chancelier Konrad Adenauer. Sans pour autant exclure les initiatives préexistantes nées de la société civile pour tenter de surmonter l’inimitié héritée des deux guerres mondiales (et remontant même à la guerre franco-prussienne de 1870), il convient de souligner que c’est bien par l’acte symbolique de la messe de réconciliation voulue par de Gaulle et célébrée avec Adenauer à Reims en juillet 1962 que la réconciliation put être scellée en tant qu’acte officiel, institutionalisé à travers l’action des plus hauts représentants respectifs des deux états engagés]. Cette institutionnalisation, paradoxalement personnifiée par des hommes politiques, donna lieu à la représentation de la coopération renforcée initiée entre Paris et Bonn au moyen d’images évoquant un binôme dynamique et une synergie binaire, dont la formulation empruntait aux relations interpersonnelles (« couple ») ou bien à la technologie (« tandem », « moteur »).
Dès lors, on a eu affaire dans la présentation médiatique des relations franco-allemandes à une mise en exergue de la qualité des contacts entre dirigeants comme une sorte de synecdoque des rapports entre la France et la RFA. Si le recours à cette figure de style n’a pas été systématique, il a tout de même été appliqué à quelques duos marquants, outre celui, fondateur, de Gaulle-Adenauer. On a retenu plus particulièrement Helmut Schmidt-Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Kohl-François Mitterrand. Fondée sur l’observation d’une nette corrélation entre une bonne coopération franco-allemande et la poursuite du processus d’intégration (ouest-)européenne pendant plus d’un demi-siècle, l’insistance sur l’harmonie relationnelle entre les décideurs des deux états les a placés, dans l’opinion publique, dans une position les apparentant à des démiurges de la bonne marche des affaires européennes. Au-delà de cette aura, et rapporté à la théorie des relations internationales (en particulier selon l’approche constructiviste d’Alexander Wendt[5]), on peut donc le formuler ainsi : la France et la RFA, à travers leur exécutif médiatiquement exposé comme conjointement décisionnaire pour la Communauté économique européenne (CEE), puis l’Union européenne (UE), ont souvent joué – et jouent encore, bien que moins nettement qu’à l’époque de l’Europe des Douze ou des Quinze – le rôle de norm setter (ou « entrepreneur de norme »), donnant au projet européen l’impulsion, la direction et le rythme de ses avancées successives.
La guerre froide, un contexte favorable au rapprochement franco-allemand
Avant de revenir sur les raisons pour lesquelles ce rôle a été progressivement remis en question par d’autres acteurs, du moins dans sa forme initiale (tandem), il convient de souligner que la réconciliation franco-allemande et les synergies bilatérales qu’elle a libérées par la suite pendant la guerre froide et même après la réunification de l’Allemagne furent possibles grâce à une configuration européenne et géopolitique particulière qui mérite d’être rappelée. Elle a à la fois contribué au succès franco-allemand et explique en partie les difficultés à le transposer.
Tout d’abord, la situation de division intra-européenne, créée par la guerre froide au plus tard à partir de 1947 en raison de la confrontation idéologique, politique, économique et stratégique entre les Alliés occidentaux, États-Unis en tête, et l’Union soviétique, plaça la France et la RFA, issue de la jonction des zones d’occupation occidentales en Allemagne, dans le même camp géopolitique. À lui seul, ce cadre international contraignant constituait déjà un atout décisif favorisant la coopération, non seulement du fait d’une convergence des intérêts fondamentaux français et ouest-allemands concernant les valeurs politiques et le système économique, mais également en raison de la source commune de risque représentée par les objectifs soviétiques en Europe. En effet, bien que le curseur de la scène politique dans la France d’après-guerre fût nettement pointé vers la gauche et que le communisme y jouît alors d’une légitimité inégalée à l’Ouest, à l’exception de l’Italie, la politique étrangère de la IVe République resta clairement ancrée dans le camp occidental en dépit de la réceptivité relative d’une partie de l’opinion et de la classe politique aux arguments de la propagande soviétique.
En outre, l’histoire des rapports entre Français et Allemands était dépourvue de situations d’asymétrie marquante, toujours source de méfiance supplémentaire dans les périodes conflictuelles et post-conflictuelles, comme on put l’observer après 1945 chez de nombreux autres pays voisins de l’Allemagne. Cela n’excluait pas, bien sûr, l’existence en France d’émotions collectives négatives à l’égard des Allemands, comme à l’issue de toute guerre, et n’empêchait pas davantage la présence de craintes plus ou moins diffuses face au risque imaginé d’une renaissance du militarisme allemand. Toutefois, le statut particulier de la France en tant que puissance occupante de 1945 à 1949, puis puissance coresponsable de l’Allemagne dans son ensemble au même titre que les deux superpuissances, américaine et soviétique, ainsi que le Royaume-Uni, dans l’attente d’un règlement de la « question allemande », contribuait à compenser le traumatisme causé par le choc de la défaite de 1940.
Enfin, associée à l’absence d’asymétrie durable dans les relations franco-allemandes en amont de la Seconde Guerre mondiale, marquées plutôt par une alternance de conflits depuis 1870, l’expérience répétée de leur confrontation destructrice conduisit à convaincre les dirigeants respectifs après 1945 de la nécessité d’une recherche de coopération, d’ailleurs déjà reconnue au cours de l’entre-deux-guerres par Aristide Briand et Gustav Stresemann dans un contexte intérieur et international toutefois très défavorable à sa réalisation. La mise en évidence de l’importance de la configuration internationale pour la mise en route d’une politique de réconciliation ne doit toutefois pas faire oublier que cette dernière nécessita également une dose indéniable de courage, voire d’audace pour oser, parfois en dépit d’une opinion publique hostile ou, du moins, encore frileuse, un radical changement de paradigme dans les relations franco-allemandes.
L’euphorie de 1989 et la confiance dans le transfert du succès
Le grand tournant de la fin des années quatre-vingt, cette révolution (majoritairement) pacifique qui vit l’effondrement des régimes communistes du glacis soviétique, avant l’implosion de l’URSS elle-même en 1991, a été considéré principalement – dans l’historiographie dominée par le récit occidental – sous l’angle d’une translation démocratique d’ouest en est, autrement dit d’une expansion vers l’est du modèle économique et politique d’Europe occidentale, avant l’élargissement ultérieur de l’UE. Que ce soit dans le cas du processus de réunification allemande ou, plus largement, de la chute du rideau de fer qui avait divisé le continent, la volonté politique des sociétés des pays dits « de l’Est », pourtant largement mobilisées – notamment en Pologne avec le mouvement Solidarité (Solidarność) dès le début des années quatre-vingt – n’était pas mise en exergue autant que la crise des économies dirigées avec leur endettement massif et croissant ; de plus, c’est surtout la pression et l’attraction exercées par l’Ouest qui se trouvaient mises en avant. Ainsi, bien que le leader syndical polonais Lech Wałęsa eût déjà gagné une certaine popularité dans les médias occidentaux dès 1981 au moment de la naissance de ce premier grand mouvement d’opposition dans un régime communiste, ce sont surtout des personnalités et décideurs ouest-européens et américains tels que le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl ou les présidents des États-Unis Ronald Reagan et George H.W. Bush qui ont marqué la mémoire collective dans les sociétés occidentales. À cet égard, la personne du pape Jean-Paul II, Konrad Wojtyła, constituait plutôt un cas particulier, lié à sa notoriété à la tête de l’Église catholique. Quant à la popularité du Premier secrétaire du parti communiste soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, elle lui revenait non pas en tant qu’Européen de l’Est, mais bien au titre de son rôle en tant que décideur de la superpuissance soviétique dans ses rapports tant avec les régimes satellites du bloc de l’Est qu’avec les leaders occidentaux.
L’Europe centrale et orientale se retrouvait donc dans les années de transition, 1989-1991, dans une position d’entre-deux, en passe d’échapper à l’hégémonie de Moscou, mais désireuse d’arrimer son indépendance retrouvée au grand projet occidental. Cette priorité stratégique suscitait un large consensus dans les élites nées de l’opposition au communisme. Les slogans post-communistes du « retour en Europe » ou du « retour à l’Ouest », le récit d’une reprise du fil de l’histoire occidentale de l’Europe centrale, décrite par Milan Kundera comme un « Ouest kidnappé », le motif du « rattrapage économique », tous ces éléments correspondaient par ailleurs très bien à la perception partagée à l’ouest du contient par les pays de la « vieille Europe » fondée en 1951 à travers la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Dans l’euphorie de sa victoire face à un projet communiste déchu, l’Ouest triomphant se voyait comme un modèle sans alternative dont les normes n’avaient plus qu’à être intégrées par les autres pour leur prospérité. Ces normes concernaient tous les aspects définissant l’Ouest dans son occidentalité, que ce soit sa dimension politique, idéologique, économique ou sociale. Aussi cette vision d’un « Est » qui aurait à « rattraper » l’Ouest en se mettant en quelque sorte à niveau, inspirait-elle également, tout au moins au cours des premières années, les décideurs des pays nouvellement indépendants d’Europe centrale et orientale, confortant en cela leurs partenaires occidentaux dans leur autosatisfaction.
Ce qui s’imposait ainsi, c’était aussi l’idée d’un décalage temporel, en d’autres termes la perception d’une multitemporalité européenne qui exigerait, pour rapprocher l’« Est » de l’« Ouest », que le premier se mît en phase avec ce dernier. Cette idée était d’ailleurs au cœur du projet avorté de Confédération européenne imaginé par François Mitterrand et qui resta sans suite, non pas tant à cause de son diagnostic des inégalités Est-Ouest, mais bien plus par l’horizon temporel qu’il envisageait pour les combler (« trente à cinquante ans », disait-il encore à Prague en juin 1991 !) et l’horizon géographique qu’il fixait à l’Occident (incluant l’URSS, mais excluant les États-Unis et la dimension transatlantique). Quoique finalement différente, la feuille de route qui devait permettre l’intégration des pays post-communistes dans les structures d’Europe occidentale n’en fut toutefois pas moins établie par l’Ouest, que ce soit pour leur adhésion à l’OTAN ou pour les critères de candidature à l’UE.
Le modèle occidental servit également de point de référence pour l’approfondissement des relations bilatérales entre l’Allemagne et ses voisins à l’est. À la recherche à la fois d’un récit porteur et d’outils susceptibles d’aider à sa réalisation, l’Allemagne et la Pologne notamment se sont inspirées de l’expérience de la réconciliation franco-allemande mentionnée plus haut. Celle-ci était présente en creux dans les négociations ayant abouti, en juin 1991, à la signature du traité de bon voisinage et de coopération entre la Pologne et l’Allemagne réunifiée. Il en résulta la création de l’Office germano-polonais pour la jeunesse (Deutsch-Polnisches Jugendwerk / Polsko-Niemiecka Współpraca Młodzieży) dont le modèle était bien évidemment son pendant franco-allemand, l’OFAJ, fondé après la signature du traité de l’Élysée en 1963. L’inspiration était là également, et ne manqua pas d’ailleurs de frapper les esprits par sa force symbolique, lorsqu’au beau milieu des événements précipitant la chute du régime est-allemand, le chancelier de la RFA, Helmut Kohl, et le Premier ministre polonais, Tadeusz Mazowiecki (premier chef de gouvernement polonais non-communiste, nommé à la suite des élections semi-démocratiques de juin 1989), décidèrent de participer ensemble à une messe de réconciliation en Silésie, à Krzyżowa (anciennement Kreisau), naguère propriété de la famille von Moltke qui avait abrité jusqu’en 1945 un groupe clandestin d’opposition au régime nazi, le Cercle de Kreisau. Un lieu chargé de signification symbolique, deux chefs de l’exécutif, un cadre religieux, une volonté de réconciliation : tous ces éléments avaient déjà été présents dans la cathédrale de Reims en 1962.
La réconciliation germano-polonaise : du mirage à la fin des illusions ?
L’apparente similitude des processus de réconciliation franco-allemand et germano-polonais était toutefois trompeuse, ou bien, en tout cas, l’enthousiasme de 1989 contribua à en masquer les différences (et les différends) qui ne manquèrent pourtant pas de rejaillir avec une intensité, alors surprenante pour certains, à partir des années 2000. Les deux processus de réconciliation se distinguent en effet à plusieurs égards. Tout d’abord, la relation d’asymétrie qui restait encore très marquée, en particulier du point de vue économique, au détriment de la Pologne au moment de la sortie du système communiste. Cela mettait de facto Varsovie en position de faiblesse par rapport à Bonn, puis Berlin, qui était l’un de ses principaux créanciers. Cet élément d’asymétrie ne favorisait guère la formulation d’exigences polonaises à l’égard des Allemands, qu’elles fussent liées strictement à la dimension narratologique de la politique mémorielle ou bien inclussent un volet financier (à travers la question du dédommagement des survivants du nazisme). La Pologne était ainsi dans une position qui l’inclinait à accepter et intégrer les éléments narratifs occidentaux sur l’histoire des conflits du XXe siècle et des chemins de la réconciliation entre ennemis d’hier, comme autant de normes à intégrer à côté des standards politiques et économiques.
Cet état de fait eut pour corollaire dans un premier temps l’introduction de pratiques de la réconciliation calquées largement sur l’expérience franco-allemande et reproduites de façon un peu mécanique. Les jumelages, rencontres et manifestations axées sur le thème du rapprochement destiné à surmonter la défiance, toujours présente dans les relations bilatérales (notamment en raison de l’instrumentalisation de la germanophobie par la propagande communiste pendant des décennies), se succédèrent avec une intensité telle au cours de la première moitié des années quatre-vingt-dix que certains observateurs en arrivèrent même à évoquer de façon déjà critique un certain « kitsch de la réconciliation ». Cette expression, quelque peu provocatrice, thématisait ainsi clairement la perception d’un risque de manque d’authenticité, d’une réconciliation au forceps, davantage voulue politiquement que (con)sentie collectivement par la société polonaise, occupée bien plus à l’époque à s’adapter au changement de système politique et économique que marquait la « thérapie de choc » du ministre polonais des Finances, Leszek Balcerowicz.
Néanmoins, tout comme dans les autres pays d’Europe centrale et orientale traversant, après 1989, un moment plus ou moins long de transition post-communiste, la Pologne retrouvait par ailleurs sa souveraineté narrative quant au récit officiel de l’histoire nationale polonaise. L’après-guerre et la guerre froide avaient été marqués par l’imposition par l’Union soviétique d’un certain nombre de tabous, concernant principalement l’histoire des relations entre la Pologne et la Russie, puis l’URSS. Les crimes staliniens contre la nation polonaise (notamment le massacre de Katyn) dont la mémoire avait été « gelée » par la propagande communiste et réduite au silence, devenaient un sujet public et politique à travers un brûlant « retour de l’histoire » (qui, de par le traumatisme collectif subi, n’était pas sans évoquer un retour du refoulé collectif).
Il serait certes inexact de prétendre que le rapport à la nation fût absent pendant la période communiste, mais sa présence dans l’espace public était strictement contrôlée et, surtout, systématiquement instrumentalisée au bénéfice de la cohésion du régime et du bloc de l’Est. En d’autres termes, il s’agissait d’un patriotisme particulier, vicié pour les besoins de la propagande et concentré principalement sur une germanophobie constamment distillée par l’appareil officie. La figure du militariste allemand permettait, en jouant sur les peurs héritées de la Seconde Guerre mondiale, de souder la société polonaise autour du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) qui se voulait, avec l’appui de l’URSS, le rempart contre le « révisionnisme » territorial de la RFA. La chute du régime ne conduisit pas à une transition aussi rapide dans une mentalité formée à toujours soupçonner le pire en provenance de Bonn. Encore à fleur de peau dans de larges pans de la société polonaise après 1989, cette méfiance à l’égard des Allemands en général, sans doute plus forte que l’anti-occidentalisme et l’anticapitalisme également rabâchés des années durant par la propagande, ne céda pas immédiatement le pas à l’esprit de réconciliation décrit plus haut.
Enfin, le tournant mémoriel rendu possible par le retour de la souveraineté eut pour conséquence secondaire de mettre en compétition le discours martyrologique national polonais avec la mémoire de l’Holocaust. Une concurrence entre victimes polonaises juives et non-juives, alimentée par la perception d’une plus faible reconnaissance de ces dernières par l’Allemagne, tant en termes de dédommagements matériels que sur le plan de la narration historique et de la politique mémorielle allemande, vint oblitérer le travail de réconciliation germano-polonais à partir des années 2000 et surtout après l’arrivée au pouvoir de la droite nationale conservatrice (du parti Droit et Justice, PiS) en 2015. Elle mit en évidence un fossé profond et une incompréhension réciproque du processus institutionnel et social de Vergangenheitsbewältigung des Allemands d’une part, et du besoin de reconnaissance polonais de l’autre.
Après 2004, la Pologne ou la subjectivation de l’Europe centrale et orientale dans l’UE
Les revendications mémorielles polonaises coïncidèrent par ailleurs avec une plus grande affirmation de Varsovie sur la scène européenne après l’intégration de la Pologne dans l’UE. En termes de périodisation, on pourrait considérer que l’adhésion de la Pologne et des autres anciennes démocraties populaires d’Europe centrale et orientale à l’UE en 2004 (2007 pour la Roumanie et la Bulgarie) marqua le moment où, par l’obtention du statut d’état-membre, ces pays commencèrent à se détacher du label de pays « post-communistes » ou bien encore d’« anciens pays de l’Est ». Pour autant, une certaine différence persistait entre l’ouest et l’est du continent, telle qu’elle avait déjà été mise en évidence, avec des arrière-pensées à peine dissimulées, par les faucons de l’administration américaine, en particulier le secrétaire d’État à la Défense Donald Rumsfeld, faisant une distinction entre une « vieille Europe » (occidentale), rétive à s’engager aux côtés des États-Unis en Iraq, et une « nouvelle Europe » (centrale et orientale), plus atlantiste et prête à prendre part à la coalition contre le régime de Saddam Hussein.
Moins passive, marquant une plus grande assertivité dans ses relations avec les partenaires européens, la Pologne en devenait peu à peu moins prompte à accepter, sans les questionner, les positions des pays-moteurs d’Europe occidentale. Cela répondait de la part des élites polonaises – en particulier (mais pas exclusivement) des cercles souverainistes – à une volonté plus affirmée de reconnaissance sur la scène européenne et à une aspiration à la codécision que les partenaires d’Europe occidentale, notamment le tandem franco-allemand ne prirent pas immédiatement en considération. La petite phrase cinglante de Jacques Chirac dès 2003 (« ils ont perdu une bonne occasion de se taire ») reste sans doute à ce jour l’expression la plus frappante du décalage alors croissant entre les attentes des partenaires d’Europe centrale et orientale et la disposition des états fondateurs de la Communauté européenne à intégrer les nouveaux membres avec toute leur subjectivité nationale.
Alors même que le Triangle de Weimar avait été imaginé, au début des années quatre-vingt-dix, pour accompagner et accélérer l’intégration de la Pologne à la CEE/UE, il restait empêtré dans une vision largement asymétrique des relations transeuropéennes, selon une logique ouest-est qui ne s’effaça pas même au sein de l’UE élargie après 2004 (2007) – en tout cas moins rapidement que ne s’affirmaient la volonté et la capacité de la Pologne à participer activement aux processus décisionnels dessinant un destin européen commun. Cette tendance s’est amplifiée après février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui a légitimé la perception polonaise du danger russe et contraint l’Allemagne et la France à revoir radicalement et à la hâte leur position. L’aspiration à co-définir l’architecture et les orientations futures de l’UE allait toujours de pair, pour la Pologne, avec le besoin de reconnaissance et de légitimation de la lecture polonaise (et, plus largement, centre-européenne) de l’histoire récente de l’Europe. La réconciliation restait donc perçue comme un processus à la fois tourné vers le passé et engageant l’avenir.
La réconciliation à l’épreuve de la montée des populismes
La compatibilité limitée du narratif franco-allemand de la réconciliation avec le cas de figure germano-polonais, étant donné les différences héritées tant de l’histoire longue que de la guerre froide, et les enjeux bilatéraux et transeuropéens nouveaux à partir des années 2000, était enfin le fruit d’une évolution plus large de la culture politique en Europe, dans le système de la démocratie libérale dont le cadre social et médiatique se distingue de plus en plus de celui qui avait prévalu après-guerre et présidé aux premiers pas du rapprochement entre la France et la RFA. L’essor exponentiel des mouvements et partis populistes en Europe, symptôme d’une crise du modèle de la démocratie représentative et des partis traditionnels qui l’ont animée depuis la Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale, puis, plus tardivement, depuis 1989 en Europe centrale et orientale, a contribué, à l’ère des médias sociaux, à renforcer la polarisation des sociétés et à y approfondir les clivages. L’utilisation d’un discours disruptif, marque de fabrique des populistes, en arrive à créer une nouvelle norme de la parole publique dont ne s’accommodent guère les politiques de réconciliation ni au sein des sociétés (en particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale encore aux prises avec la mémoire du communisme), ni dans les relations internationales.
La montée en puissance respectivement, en Pologne, du parti Droit et Justice et d’autres mouvances encore plus à droite sur l’échiquier politique, et, en Allemagne, de l’Alternative für Deutschland (AfD) qui s’observe depuis une dizaine d’années, a pour corollaire une délégitimation du motif de la réconciliation dans le discours politique. Au contraire, le conflit – réel ou créé au besoin – constitue le véritable fonds de commerce de ces partis qui font de l’amplification et de l’administration des mécontentements et des colères sociales leur raison d’être politique. On a même pu le noter au moment de l’inauguration à Berlin, à deux pas de la Brandenburger Tor, du monument provisoire en mémoire des victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale : trop tard et trop peu pour les uns, sans fondement pour les autres.
Faut-il en conclure pour autant que la réconciliation comme processus politique, telle que l’avaient initiée la France et la RFA dans les années soixante du XXe siècle, n’est pas ou n’est plus transposable ni applicable à d’autres relations post-conflictuelles en Europe ? Sans doute pas, à condition de bien saisir les limites qu’impose à une telle démarche la transformation tant des cultures mémorielles et politiques que du contexte international au cours des décennies écoulées. Dans la mesure aussi où l’on tient compte des spécificités historiques de chaque interaction bilatérale entre anciens ennemis. Les difficultés encore rencontrées, à ce jour, par les Polonais et les Ukrainiens, en dépit de leur solidarité actuelle face à l’agression russe, afin de parvenir à se réconcilier dans un consensus mémoriel à propos des massacres fratricides de 1943 en Volhynie nous montrent la gageure que présenterait un simple transfert des pratiques franco-allemandes. Et il y a tout lieu de penser que le défi à relever sera encore plus grand lorsque viendra le temps, pour les Ukrainiens et les Russes, de solder les comptes de la guerre en cours.
Pierre-Frédéric Weber
Professeur en histoire du temps présent à l’université de Szczecin (Pologne) où il est vice-directeur de l’Institut d’histoire.
Article publié dans la revue « Allemagne d’aujourd’hui »
Record d’Allemagne pour la Sarre: plus de 10 monnaies en un siècle !
Par Jean-Marie Fèvre
Au XXème siècle, la population sarroise est la seule de l’Allemagne à avoir pu affirmer deux fois son identité allemande, en 1935 et en 1955. Mais elle a été souvent bousculée – politiquement et économiquement. Aucun autre Land allemand n’a autant changé de monnaie pendant cette période :
Monnaies en Sarre depuis 1900 :
NDLR : en raison de contraintes techniques, il n’a pas été possible de reproduire les illustrations fournies par l’auteur de l’article, telles qu’elles figurent dans la « version mail » de la « Lettre d’information ». Désolé et merci de votre compréhension.
Chronologie, monnaie, remarques.
Depuis 1873 et jusqu’en septembre 1914 : Mark-or.
Fin de la convertibilité dès le début de la guerre.
– 1914-1919 : Mark. Monnaie papier depuis septembre 1914.
– 1916-1919 : « Notgeld ». Économie de guerre : misère croissante et disette – création de monnaies de nécessité (Notgeld).
– 1919 : Franc. Franc « local » en Sarre (« Saargebiet »).
– 01/06/1923 : Franc. La Sarre « Saargebiet » est gérée par la France avec mandat de la Société des Nations (« SDN », ancêtre de l’ONU).
– 1935 (jusqu’au 15/06/1947) : Reichsmark (RM). Suite au referendum ( > 90 % pour le retour à l’Allemagne). Taux d’échange : 1 F = 0,1645 RM
– 1945 -1947: Franc « des territoires occupés », utilisé en plus du Reichsmark par les occupants.
La Sarre est occupée par les Américains au printemps 1945 puis par les Français en juillet. Le Reichsmark est maintenu mais dès fin juillet, les flux financiers et de capitaux sont séparés des autres zones d’occupation (même française).
– 16/07/1947 : Mark sarrois (SM)
Monnaie bilingue, de très courte durée de vie (4 mois). Taux d’échange: 1 RM = 1 SM. Mais, avec limite de 300 SM par chef de famille et 100 SM pour les autres personnes majeures du foyer. Recto en français, verso en allemand.
– 20/11/1947 : Franc français
Objectifs :
a) Stabilité : Le Reichsmark est déprécié. (Marché noir).
b) Séparation par rapport à l’Allemagne.
c) Identité : La Sarre devient vite un État membre du Conseil de l’Europe avec son propre drapeau. Taux d’échange : 1 SM = 20 F (taux faible, mais lié à d’amples contraintes).
– 07/07/1954: « Saar Franken »
Adoption par le Parlement sarrois de la « Loi de la Monnaie » car la Sarre a été autorisée à battre monnaie, symbole de souveraineté.
Les pièces sont en allemand mais frappées à Paris.
– 06/07/1959 : Deutsche Mark (DM). Suite au referendum de 1955 : 2/3 des votants sont pour le retour à l’Allemagne.
Période transitoire et Traité avec la France réglant la question sarroise en 1956. Taux d’échange : 100 F = 0,85 DM
– Depuis le 01/01/2002 : Euro (€) Taux d’échange 1 € = 1,955 DM
Sources :
Landeszentralbank im Saarland (Hrsg.): „125 Jahre Währungsgeschichte an der Saar 1859-1984“, Sarrebruck 1984;
Günter Scharwath: „Vom Saarbrücker Groschen zur Deutschen Mark – Geldgeschichte der Saarregion“, Sarrebruck 2005;
Michael Schöne: „Das Papiergeld im besetzten Deutschland 1945 – 1949“, Regenstauf 1994.
Jean-Marie Fèvre, Délégué régional de l’AFDMA pour la Lorraine.
Publié dans le Bulletin n° 133 2025 de l’Union des Français de Sarre.
France-Allemagne : faciliter le quotidien des frontaliers
Lors de la Journée franco-allemande, le 22 janvier, le Comité de coopération transfrontalière a dévoilé des propositions concrètes pour simplifier le quotidien des frontaliers. Une preuve de la vitalité de notre coopération, aujourd’hui cruciale pour l’avenir de l’Europe.
Transports, logement, accès aux soins : le quotidien dans les zones transfrontalières est parfois semé d’embûches. Simplifier la vie des habitants, et renforcer l’intégration des régions frontalières est devenu une priorité. Jeudi 22 janvier, à l’occasion de la Journée franco-allemande, le Comité de coopération transfrontalière (CCT) a avancé des propositions concrètes.
Des avancées concrètes
Le CCT, né en 2020 du traité d’Aix-la-Chapelle, s’est réuni à Colmar sous la présidence conjointe de Gunther Krichbaum et de benjamin Haddad. Les ministres allemand et français chargés de l’Europe ont présenté la feuille de route sur la coopération transfrontalière adoptée en août 2025 lors du Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) de Toulon. Elle prévoit notamment de réduire certaines formalités administratives.
Plusieurs avancées concrètes ont été saluées : les progrès sur l’apprentissage dans le pays voisin, qui seront appliqués dès la rentrée 2026, l’exigence d’une étude d’impact systématique des législations nationales sur l’espace transfrontalier, l’augmentation de l’offre ferroviaire et des correspondances transfrontalières par SNCF Voyageurs et la Deutsche Bahn ou encore des échanges fructueux sur le détachement, qui joue un rôle clé pour la compétitivité.
En 2026, le programme de travail du CCT se concentrera sur la santé publique (mise en place d’un groupe de travail) et la mobilité (liaisons de bus transfrontalières, accessibilité du Port Autonome de Strasbourg). « Le CCT est devenu un véritable atelier de réformes », s’est félicité M. Krichbaum.
Relance du franco-allemand
Cinq mois après le CMFA de Toulon et la relance de la coopération bilatérale, la Journée franco-allemande a témoigné cette année encore de la vitalité de l’amitié entre nos deux pays. Elle marquait le 63e anniversaire du traité de l’Élysée entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer, et le 7e anniversaire du traité d’Aix-la-Chapelle.
L’amitié franco-allemande « est faite de milliers de rencontres et de projets qui naissent chaque jour entre nos deux pays. Elle est concrète, tangible et vécue au quotidien par nos compatriotes », a souligné sur Linkedin l’amabassadeur d’Allemagne en France, Stephan Steinlein. En témoignent, en particulier, les jumelages. Loin d’être dépassés, ils offrent des perspectives stimulantes pour faire vivre les liens entre nos deux pays.
C’est ce que montre un récent rapport de la Fondation K. Adenauer. Il offre un véritable vade-mecum à tous les acteurs du franco-allemand. Andreas Marchetti, l’un de ses auteurs, participait jeudi à un débat sur ce thème coorganisé par l’ambassade d’Allemagne, la Fondation Konrad Adenauer et le Fonds citoyen franco-allemand à l’hôtel de Beauharnais.
La coopération franco-allemande et l’Europe, des enjeux cruciaux
L’actualité internationale aussi illustre chaque jour l’importance cruciale de cette coopération bilatérale. « Le souvenir du traité de l’Élysée, symbole de la coopération franco-allemande, est plus que jamais d’actualité au vu des turbulences qui agitent actuellement le monde », a souligné, à Berlin, Géza Andreas von Geyr, secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères. « La réconciliation s’est transformée en amitié, qui a aujourd’hui une mission essentielle : l’Europe. En ces jours où le monde semble se réorganiser, il apparaît clairement que rien n’est plus important pour nous que l’Europe et la cohésion des Européens. »
« L’amitié ne signifie pas être toujours d’accord au départ », a rappelé de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. « Ce qui compte, c’est la volonté commune de s’entendre et de trouver des solutions qui soient également bonnes pour l’Europe. […] Notre responsabilité commune, surtout en cette période, est de mettre en valeur la force politique et économique de l’Europe ».
150ème anniversaire de Konrad Adenauer :
Entre humour, malentendus et mémoire
Par Gérard Foussier
De nombreux hommages ont été prévus à l’occasion du 150ème anniversaire de Konrad Adenauer, le 5 janvier 2026. L’occasion de revenir sur les relations que le chancelier entretenait avec la France, les Français, la langue française – et l’humour.
Durant les seize années passées à la mairie de Cologne entre 1917 et 1933 – auxquelles s’ajoutèrent cinq mois après la défaite de l’Allemagne nazie – puis les quatorze autres qu’il passa à la chancellerie fédérale (1949-1963), Adenauer démontra à maintes reprises son sens de l’humour et de l’ironie. Les journalistes, et tout particulièrement les caricaturistes, ont su exploiter à souhait ce filon. Déjà en sa qualité de bourgmestre, il n’épargnait aucun de ses interlocuteurs avec ses subtiles réparties. Interrompu un jour par un Bavarois qui lui avait fait remarquer ne pas être venu s’entretenir avec lui, Adenauer répondit : « Ce n’est pas nécessaire, messieurs, il me suffit que vous disiez oui ». À un collaborateur se plaignant d’avoir tout essayé pour surmonter ses insomnies, il répondit : « Essayez donc de travailler ». Même ses amis politiques perdaient parfois patience. « Je sais ce que vous voulez dire », s’exclama un jour un député de la CDU pour aider le chancelier qui, hésitant, avait du mal à trouver ses mots. Adenauer, nullement troublé, lui répondit : « Bizarre. Je sais seulement ce que je pense en ce moment. Quant à savoir si ce que je pense, je vais le dire, je ne le sais pas encore. » Ces bons mots sont aujourd’hui encore souvent cités et permettent parfois de sortir de certaines impasses : « Prenez les gens comme ils sont », disait-il, « il n’y en a pas d’autres ».
Entre plume et cœur
Dansun des numéros publiés en 2006 à l’occasion du 60ème anniversaire de sa fondation, l’hebdomadaire Die Zeit raconta une anecdote savoureuse de l’un de ses journalistes de la première heure, Ernst Friedlaender. En 1949, celui-ci avait tenté d’interviewer le chancelier. Ne disposant pas de suffisamment de temps pour une entrevue complète, Adenauer lui permit néanmoins de s’asseoir à son bureau et de noter quelques questions. Friedlaender rédigea également les réponses qu’il pensait que le chancelier pourrait donner. Dans l’édition du 3 novembre 1949, Adenauer, sous la plume de Friedlaender, se dit ainsi « convaincu que l’élan du mouvement européen (allait) faire progresser la compréhension franco-allemande ». Il ajouta : « Je suis persuadé qu’avec de la bonne volonté de part et d’autre, une juste mesure sera trouvée dans les questions de sécurité ; et lorsqu’on l’aura trouvée, une époque nouvelle et meilleure débutera pour les relations entre les deux pays. »
En avril 1951, alors qu’il venait signer à Paris l’accord de fondation de la CECA, une étudiante française avait laissé dans l’hôtel où le chancelier résidait un bref message ainsi que la Croix de guerre qui avait été décernée à son père pendant la Première Guerre mondiale. « Un geste simple porteur d’espoir en faveur d’une véritable réconciliation entre ces deux peuples qui ont tant souffert », avait-elle écrit. Touché, Adenauer conserva la médaille dans le tiroir de son bureau jusqu’à sa mort. Elle est aujourd’hui exposée dans sa maison de Rhöndorf, au sud de Bonn.
Wie gehen Sie ?
Dans une biographie parue en 2007, Sylvie Guillaume constate que le chancelier a souffert « d’être étudié à travers le prisme de la politique française et du couple de Gaulle-Adenauer ». L’auteure apporte un regard nuancé sur Adenauer, méfiant envers un pouvoir trop centralisé et résolument engagé dans la construction européenne, par anticommunisme. Les témoins de l’époque rapportent qu’il avait pour habitude, lorsqu’il prenait le train pour Berlin, de tirer les rideaux de la fenêtre de son wagon dès qu’il avait passé le pont du Rhin, estimant être déjà à l’Est. L’historienne souhaite également corriger « une image réductrice qui masque la réalité en faisant débuter l’amitié franco-allemande en 1963 ». En réalité, le rapprochement a commencé bien plus tôt. Si l’on cite souvent les rencontres entre de Gaulle et Adenauer pour souligner l’ambition des deux hommes, « la vision pourrait être rééquilibrée par les faits qui le précèdent sous la Quatrième République, qui n’ont cependant pas la même charge symbolique ». Les premiers pas furent en effet accomplis dès octobre 1954, lors de la rencontre de La Celle-Saint-Cloud entre le premier ministre Pierre Mendès France et Konrad Adenauer.
Cette rencontre, centrée sur l’économie – un thème absent du traité de l’Élysée de 1963 – posa les bases des relations commerciales entre les deux pays et ouvrit une nouvelle phase des relations bilatérales, couronnée par le traité de 1963. Juste avant ce traité, en juillet 1962, le voyage exceptionnellement long du chancelier à Paris, fut ponctué d’actes symboliques renforçant cette dynamique. La même année, le président français se rendit en Allemagne et fut accueilli à sa descente d’avion sur le tarmac de l’aéroport de Cologne par Adenauer. Soucieux de montrer sa bonne volonté, le général improvisa une formule de salutation en allemand : « Wie gehen Sie ? » On ignore si son entourage lui fit remarquer qu’il avait demandé en réalité comment Adenauer marchait. Le chancelier sourit et répondit : « Zu Fuß » – à pied.
Langue, malentendus et interprètes
Dès sa jeunesse, Adenauer avait reçu un enseignement de français littéraire. Son diplôme de baccalauréat (1894) comportait des remarques élogieuses sur ses connaissances grammaticales et la qualité de ses traductions. Sa bibliothèque de Rhöndorf contient des ouvrages de La Fontaine et de Montesquieu. Ses compétences restèrent toutefois modestes : suffisantes pour saluer des hôtes francophones ou lire un texte en français rédigé par ses collaborateurs, mais pas pour tenir une conversation spontanée. Après la signature du traité de l’Élysée, il accorda néanmoins une interview en français à André Ancian, correspondant d’Europe 1 à Bonn, en lisant un texte pré-écrit.
Un meilleur apprentissage du français aurait peut-être évité au chancelier une mésaventure qui aurait pu froisser le général (1958). Paul Legoll, auteur de trois ouvrages consacrés à Adenauer, raconte que la visite du chancelier à Colombey-les-Deux-Églises fut retardée par l’escorte allemande, qui, suivant le chemin des écoliers, se trompa et passa par…Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle), à une centaine de kilomètres de la maison du général, située, elle, en Haute-Marne. Tout se passa néanmoins très bien. Un seul interprète, Jean Meyer, assista à la rencontre, Paris promettant une copie de son compte rendu que la partie allemande ne reçut du reste jamais, comme le révèle Paul Falkenburger (1923-2010) dans ses mémoires Ich bin ein Berliner (2006). Hermann Kusterer (1927-2020), au service des Affaires étrangères à Bonn, fut le premier interprète allemand à traduire les échanges avec de Gaulle. Le général lui témoignait d’ailleurs une grande confiance et l’appréciait énormément : « Vous comprenez le fond de mes pensées, et quand vous les traduisez, vous en améliorez parfois l’expression ». Kusterer se vit par la suite confier par Adenauer la traduction de ses Mémoires d’espoir.
Roses ou roseraie ?
À défaut de maîtriser parfaitement la langue de l’autre, Konrad Adenauer et Charles de Gaulle surmontaient cet obstacle en montrant que leur intention première était de « parler le même langage », même sans interprète à leurs côtés. Apprenant par la presse allemande que le général avait comparé le traité de l’Élysée à des jeunes filles et à des roses – « Ça dure ce que ça dure » –, le chancelier, passionné de roses, répondit subtilement. Plutôt que d’envoyer son interlocuteur « sur les roses », il souligna la longévité des rosiers : certes dotés d’épines, mais capables de surmonter les vicissitudes du climat de Rhöndorf et de produire de nouvelles fleurs.
Filant la métaphore, de Gaulle précisa alors que le traité n’était ni une rose ni un rosier, mais une roseraie qui survivrait au mauvais temps si Français et Allemands savaient en prendre soin. Plusieurs versions de cet échange circulent, mais le message reste clair : aussi fragile qu’une rose, tout traité exige des soins permanents. Si les deux hommes avaient mieux jonglé avec les mots dans les deux langues, ils auraient peut-être pu également dire : « un bon traité doit être bien traité » – ce qui pourrait approximativement se rendre en allemand par « Ein Vertrag ist gut, wenn beide sich vertragen ».
Adenauer dans l’espace public
Il n’existe pas de statistiques précises, mais le souvenir de Konrad Adenauer est perpétué en France dans une trentaine de villes (rues, avenues, places). Parfois, le choix a été maladroit. À Paris, par exemple, la municipalité a décidé le 30 juillet 1974 de rebaptiser le rond-point Bugeaud, une des plus petites places de la capitale dans le 16ᵉ arrondissement, en Place du chancelier Adenauer, avec un accent aigu peu germanique sur le « E » d’Adenauer. On aurait pu souhaiter un hommage plus conforme à la stature du personnage et rappeler que le chancelier n’avait d’accent que celui de sa région natale, la Rhénanie. En Seine-Saint-Denis, les élus de Rosny-sous-Bois sont allés plus loin. En 1967, ils ont débaptisé le sinistre Chemin des Buttes, une rue de 400 mètres longeant l’ancien cimetière, pour « franciser » le prénom du chancelier. Un choix qui pourrait être perçu comme un message subliminal.
Les citations et anecdotes sont pour la plupart extraites du numéro spécial que la revue Dokumente/Documents a publié fin 2012 à l’occasion du 50e anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée.
Gérard Foussier
Après une formation de journaliste au quotidien Westfälische Nachrichten, il a travaillé pendant trois décennies à la radio allemande Deutsche Welle à Cologne puis à Bonn, avant d’être élu en 2005 président du Bureau International de Liaison et de Documentation (B.I.L.D.). Rédacteur en chef de la revue bilingue Dokumente/Documents pendant 13 ans, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages. Son dernier livre, Allemanderies, est sorti en janvier 2023. Il détient la double nationalité et est détenteur de l’Ordre du Mérite allemand (Bundesverdienstkreuz).
Paula Modersohn-Becker, un visage de la modernité à (re)découvrir
Brême était son cocon, Paris son eldorado. Paula Modersohn-Becker, météore de la modernité picturale dans les années 1900, a été un trait d’union entre l’Allemagne et la France. Son 150e anniversaire offre l’occasion de découvrir une artiste audacieuse.
Le 2 juin 1927, les journaux de Brême (nord de l’Allemagne) rapportaient une première mondiale : l’inauguration d’un musée consacré à une artiste féminine. Paula Modersohn-Becker (1876-1907), pionnière de l’expressionnisme allemand, était décédée vingt ans plus tôt à 31 ans. Ayant peu vendu et exposé ses toiles, elle était restée méconnue. Le milieu de l’art la découvrait. Un siècle plus tard, elle est célébrée à travers le monde. L’un de ses autoportraits vient d’atteindre le prix de 1,27 million d’euros lors d’une vente aux enchères à Berlin. L’année 2026 marque son 150e anniversaire. Elle fournit l’occasion de la redécouvrir, notamment à travers plusieurs expositions qui ouvrent leurs portes ce dimanche 8 février.
Paula Modersohn-Becker et Edvard Munch
Dresde, ville natale de l’artiste, confronte son œuvre à celle de son contemporain Edvard Munch (1863-1944). L’exposition, présentée du 8 février au 31 mai à l’Albertinum, s’intitule « Paula Modersohn-Becker et Edvard Munch. Les grandes questions de la vie ». A travers 150 tableaux, dessins et sculptures, elle explore la quête commune de réponses aux interrogations de l’existence sur l’être humain, sa dignité et sa vulnérabilité.
Edvard Munch et Paula Modersohn-Becker élaborent des réponses artistiques parallèles reposant sur la création d’images expressives. Ils mettent en scène la naissance et la mort, la maternité, la maladie, la sexualité, la force de la nature. Ils réinterprètent ces questions fondamentales à une époque de progrès technique, marquée par l’industrialisation, l’invention de nouveaux modes de vie et une exigence accrue d’émancipation.
Paris
Paris a joué un rôle déterminant dans la genèse du langage artistique de Paula Modersohn-Becker. Capitale des arts de ce 20e siècle naissant, la Ville Lumière exerce une force d’attraction irrepressible sur la jeune artiste allemande. Elle y effectue quatre séjours et y passe près de deux ans entre 1900 et 1907. Elle se lie d’amitié avec des artistes tels que l’écrivain Rainer Maria Rilke avec lequel elle fait de longues promenades à Fontainebleau et à Chantilly. Elle peindra de lui un portrait célèbre.
A Paris, Paula Modersohn-Becker s’affirme comme une artiste d’avant-garde. Elle étudie à l’Académie Colarossi. Elle découvre la modernité picturale : Gauguin, Matisse, Seurat, les Fauves, les nabis Maurice Denis et Vuilllard, et surtout Cézanne, qui lui fait l’effet d’un coup de tonnerre.
A leur contact, elle forge son langage personnel : formes simplifiées, palette expressive, attention à la figure humaine, peinture du corps féminin incarné, sans idéalisation, de l’enfance sans miévrerie, du visage dans sa présence picturale pure. Elle est la première femme à réaliser des auto-portraits nus ou en pied. Peints comme une forme d’auto-affirmation artistique, ils seront sa marque de fabrique.
Worpswede
Quand elle n’est pas à Paris, Paula Modersohn-Becker vit à Worpswede. Elle rejoint une colonie d’artistes dans ce village situé à 25 km au nord de Brême à la fin des années 1890. Elle y rencontre son mari, Otto Modersohn, et son amie Clara Westhoff, future femme de Rilke.
Volontaire, indépendante, audacieuse, elle fait dans cet écrin de nature ses premiers pas en tant qu’artiste à une époque où embrasser une telle carrière était presque impossible pour les femmes, exclues des académies d’art. Elle goûte à l’harmonie avec la nature et à des formes de vie avant-gardistes (végétarisme, culture de la nudité). Beaucoup de motifs de ses toiles sont inspirés de Worpswede.
Nombreuses expositions dans la région de Brême
Brême et Worpswede sont le centre des manifestations organisées autour de son 150e anniversaire. Plusieurs expositions y ouvrent leurs portes ce 8 février.
Le musée Paula Modersohn-Becker de Brême retrace les grandes étapes de sa vie, et la genèse de sa personnalité de femme et d’artiste. A travers 70 toiles et travaux sur papier, il montre comment, dès sa formation, elle s’engage sur une voie artistique personnelle, libre et indépendante. Il dévoile aussi des oeuvres de jeunesse méconnues. L’exposition, intitulée « Becoming Paula. London, Berlin, Worpswede, Paris. Les 150 ans de Paula Modersohn-Becker », est à voir jusqu’au 13 septembre.
A Worpswede, quatre musées consacrent à Paula Modersohn-Becker des expositions parallèles jusqu’au 1er novembre. Le musée Barkenhoff s’intéresse à son art innovant de la peinture de portrait. L’exposition « je suis / tu es. Représentations de l’humain » explore la rupture radicale qu’elle ouvre dans l’histoire du genre, notamment à travers la Jeune fille au collier de perles, et confronte son regard à celui d’autres artistes, y compris contemporains.
« Comment les artistes se positionnent-ils face aux personnes qu’ils représentent ? » est la question qui inspire l’exposition « Respect ! » à la Grosse Kunstschau. Proximité, distance, empathie, observation : elle retrace la réflexion menée par Paula Modersohn-Becker sur la condition des femmes issues de milieux paysans ou de l’orphelinat de Worpswede, qu’elle a souvent peintes.
La Haus im Schluh propose un pas de côté : elle dévoile que Paula Modersohn-Becker s’est aussi aventurée dans le domaine du design textile à Worpswede. L’exposition « APPLIQUÉ. Femme + Design » présente quelques-unes de ses réalisations, dont un tapis pictural Art nouveau intitulé Pommier.
Enfin, la Worpsweder Kunsthalle s’intéresse à l’œuvre de Paula Modersohn-Becker comme source d’inspiration pour l’artiste française Inès Longevial, fascinée par l’artiste allemande.
Dans la région, il faut encore noter l’exposition « Paula Modersohn-Becker. Les paysages » (jusqu’au 24 mai) au musée Otto Modersohn de Fischerhunde, et la présentation de 19 œuvres de Paula Modersohn-Becker à la Bremer Kunsthalle.
Un documentaire sur ARTE, ainsi que la sortie d’un film sur Paula Modersohn-Becker sont également programmés cette année.
La vie de l’AFDMA
Assemblée générale 2026
Un compte rendu détaillé sera adressé par notre Secrétaire général, Olivier de Becdelièvre, à tous les adhérents.
Elle a eu lieu comme prévu le 11 mars à 14h30 à l’ambassade d’Allemagne, avenue Franklin Roosevelt à Paris, avec dans sa 1ère partie une intervention de Mme Gudrun Lindner, 1ère Secrétaire, suivie d’une discussion sur l’état des relations franco-allemandes.
La 2ème partie a été consacrée aux questions statutaires et au renouvellement du Conseil d’administration.
Elle s’est terminée vers 16h30 par un verre de l’amitié offert par l’ambassade.
L’assemblée générale avait été précédée, le matin même, par une réunion avec les Délégués régionaux dans les locaux du BILD, au cours de laquelle les divers aspects de leur activité ont été abordés (remises de Prix, participation à des manifestations franco-allemandes…) L’importance de leur action et de leur visibilité a été à nouveau soulignée.
Dernière minute :
In memoriam : Cyrille Schott
La « vie de l’association », c’est aussi malheureusement l’annonce du récent décès brutal de notre ami Cyrille Schott, membre particulièrement actif de notre association. Notre tristesse est immense.
Un message de notre Président a été adressé à tous les membres dès que l’information nous est parvenue.
A retrouver sur ce site à la rubrique spécifique consacrée à « la vie de l’association ».
