LA LETTRE D’INFORMATION
sur les relations franco-allemandes et l’Allemagne
N° 65. Janvier 2026.
Responsable de la rédaction : Bernard Viale.
Délégué à la « Communication ».
Le mot du Président
Chers membres de l’AFDMA, chers amis,
« L’Allemagne est de retour », une expression maintes fois usitée en fin d’année 2025 pour caractériser la présence et l’action du Chancelier Merz sur la scène internationale, tout particulièrement européenne. Le recul de la Commission sur la règlementation concernant la vente de véhicules thermiques après 2035, le règlement adopté pour l’aide financière à l’Ukraine, ont été interprétées comme des succès de l’Allemagne. Cette expression n’a cependant pas toujours eu une consonance positive dans une certaine presse française, avec parfois des accents d’anti-germanisme. Une certaine nostalgie de la puissance française, l’appui à la signature de l’Accord avec le Mercosur sur fond de crainte du « réarmement » de l’Allemagne, le soupçon de proximité avec la Présidente de la Commission, en ont été des facteurs déterminants. Le dynamisme du Chancelier n’a pas vraiment été récompensé dans son pays. En Allemagne comme en France, dans l’opinion publique, les difficultés de politique intérieure priment souvent sur les initiatives internationales.
La coopération franco-allemande n’est toujours pas un « long fleuve tranquille », à l’exemple des négociations sur la construction de l’avion de chasse du futur, le SCAF, dont beaucoup d’observateurs s’accordent pour dire qu’elles sont enlisées et peu porteuses d’un espoir de compromis. La volonté politique, à l’évidence, ne suffit pas.
Pour revenir à une note plus optimiste, reste, comme toujours, la société civile. Le récent Congrès de la FAFA (Fédération des Acteurs Franco-Allemands pour l’Europe) à Nantes et le 60ème anniversaire du jumelage entre Avignon et Wetzlar, célébré en octobre dernier, ont, une fois de plus, montré l’engagement des citoyens de nos deux pays en faveur de relations amicales au quotidien. L’annonce par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse d’une augmentation substantielle de ses moyens en 2026 est une preuve de l’attachement des gouvernements à un approfondissement et à un élargissement de son action, pas seulement pour les relations franco-allemandes, mais aussi pour l’Europe et au delà. L’exemplarité voulue par le Président De Gaulle et le Chancelier Adenauer en sort renforcée.
A vous, à vos proches et à tous ceux qui vous sont chers, je vous adresse mes meilleurs vœux de bonheur et de bonne santé pour 2026.
Bien cordialement,
Général (2S) Bertrand Louis Pflimlin
Président
Sommaire :
Le mot du Président.
P. 3 : Publications :
La Sarre, une histoire franco-allemande au cœur de l’Europe.
P. 5 : Le système électoral allemand des députés, l’alliance du scrutin à la proportionnelle et du scrutin majoritaire par circonscription. Par Cyrille Schott.
P. 7 : Französisch-Buchholz – une localité huguenotte à Berlin. Par Gérard Foussier
P. 9 : Les manifestations franco-allemandes :
Le Prix franco-allemand des Médias.
P.10 : Exposition : Gerhard Richter, un artiste en perpétuelle réinvention.
Publication : Réédition de « Soldat 1953 – 1994 » Du général Jean Cot.
P. 13 : La vie de l’AFDMA :
La remise des Prix au rectorat de Strasbourg ; le 60ème anniversaire du jumelage Wetzlar-Avignon ; la dernière réunion
Publications
Durant les mois passés, nous avons publié un certain nombre d’articles sur notre site internet www.afdma.fr que nous ne reprenons pas dans cette « Lettre d’information ». Vous les retrouverez en page d’accueil dans le « carrousel d’articles d’actualité » ou « En direct du franco-allemand ».
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La Sarre, une histoire franco-allemande au cœur de l’Europe
Il ya 70 ans, le 23 octobre 1955, les Sarrois, sous protectorat français depuis 1947, rejetaient la création d’un « statut européen » pour leur région. En janvier 1957, la Sarre devenait le 10ème Land de la République Fédérale. Cela eu un effet positif sur les relations franco-allemandes.
C’est le plus petit Land d’Allemagne (2568 Km2) après les villes-Etats. C’est aussi le plus francophile et le plus francophone. Située aux confins de l’Allemagne, de la France et du Luxembourg, la Sarre accueille chaque jour de nombreux travailleurs frontaliers. Mais la proximité avec la France est avant tout un fruit de l’histoire. Le 70ème anniversaire du référendum sur la création d’un « statut européen pour la Sarre, qui conduisit à l’intégration de la Sarre à la République fédérale le 1er janvier 1957, est l’occasion de rappeler ce destin particulier qui fait de la région un trait d’union entre nos deux pays.
Dès le XVIIe siècle, Louis XIV a mené ses conquêtes à l’est. C’est Vauban, l’ingénieur et architecte royal, qui édifie à partir de 1680 la ville fortifiée de Sarrelouis. Elle restera française jusqu’en 1815. Après les guerres de la Révolution française, la Sarre donne son nom à un département français (dont la préfecture est Trêves, aujourd’hui en Rhénanie-Palatinat). Après le Congrès de Vienne, son territoire actuel sera partagé entre la Rhénanie prussienne et le Palatinat rhénan, annexé au Royaume de Bavière. Il fera partie de l’Empire allemand à partir de 1871. Mais de 1920 à 1935, le traité de Versailles consécutif à la Première Guerre mondiale fait du territoire du bassin de la Sarre (Saargebiet) un territoire administré par la Société des nations. Un plébiscite le rattache au Reich en 1935.
Après 1947, un Etat autonome économiquement lié à la France
Après la Seconde Guerre mondiale, la Sarre fait partie de la zone d’occupation française. À partir de 1947, elle devient un Etat sous protectorat français, mais doté d’une souveraineté propre. Autonome sur le plan politique, elle possède sa Constitution, son drapeau, son hymne, sa monnaie (le franc sarrois) et même son équipe de football. Mais elle est sous la tutelle française sur les plans militaire et économique.
La question de son statut se pose à nouveau lors des Accords de Paris du 23 octobre 1954, qui actent la fin du statut d’occupation et l’intégration de la République fédérale dans l’OTAN. Il est prévu de donner à la Sarre un « statut européen » dans le cadre de l’Union de l’Europe occidentale (UEO). Elle devait devenir une sorte d’Etat modèle européen, tout en restant dans une union monétaire et douanière avec la France. La Sarre « serait devenue une sorte de structure supranationale hébergeant les institutions européennes », expliquait le journaliste Peter Scholl-Latour (1924-2014), qui avait été à l’époque porte-parole du gouvernement sarrois. « Cela aurait donné des avantages importants aux habitants ».
Vers un « statut européen » ?
Un référendum est organisé le 23 octobre 1955. Au départ, le chancelier fédéral, Konrad Adenauer, devait s’attendre à ce que les Sarrois approuvent le projet. Mais les deux tiers des électeurs (67,7%) ont dit « non ». L’opinion s’est retournée. Cela s’est probablement produit après que les partis et journaux d’opposition ont de nouveau été autorisés. Ils se sont, en tout cas, associés en un front patriotique pour s’opposer au statut européen. Il est vrai qu’au même moment, notait Peter Scholl-Latour, « le deutschemark se renforçait tandis que le franc français s’affaiblissait ».
Quoi qu’il en soit, le référendum ne laissait qu’une issue : l’intégration de la Sarre à la République fédérale, sous réserve d’une acceptation de Paris. Les discussions ont commencé rapidement et abouti, grâce à un rapprochement franco-allemand déjà solide, à un feu vert. Le 27 octobre 1956, la République fédérale et la France signaient les accords de Luxembourg. Le 1er janvier 1957, la Sarre devenait le dixième land de la République fédérale (Berlin-Ouest ayant un statut particulier), en vertu de l’article 23 de la Loi fondamentale (qui servirait plus tard à la Réunification allemande). Le 6 juillet 1959 (le « jour x »), elle abandonnait aussi son union douanière et monétaire avec la France pour se rattacher économiquement à l’Allemagne fédérale.
Adenauer avait été vivement attaqué dans sa défense du statut européen de la Sarre. L’opposition lui avait reproché d’abandonner la Sarre autant que la RDA. Mais le vote sans ambiguïté des Sarrois a coupé court à tout débat, selon l’historien Kurt Sonntheimer. Et « la volonté de la France d’accepter la décision de la population sarroise en toute impartialité a permis l’approfondissement de l’entente franco-allemande » (Anselm Doering-Manteuffel).
Le vote des Sarrois a « définitivement délesté les relations franco-allemandes », jugeait aussi Peter Scholl-Latour. « L’appartenance nationale de la Sarre ne joue plus aucun rôle » entre les deux pays.
Bien plus, la Sarre abrite aujourd’hui de nombreuses institutions franco-allemandes. Et elle est un territoire pionnier de la coopération transfrontalière européenne au cœur de l’eurorégion Sarr-Lor-Lux.
Le système électoral allemand des députés, l’alliance du scrutin à la proportionnelle et du scrutin majoritaire par circonscription
Par Cyrille Schott
Le Bundestag allemand est élu selon les principes de la représentation proportionnelle associée à l’élection d’un ou d’une députée dans chaque circonscription.
Chaque électeur dispose de deux voix sur son bulletin de vote : par la première, il choisit l’un des candidats au Bundestag dans sa circonscription ; par la seconde, il choisit la liste établie dans chaque Land par l’un des partis en compétition. En d’autres termes, avec la première voix, il vote en faveur d’un ou d’une députée, avec la seconde, il vote en faveur d’un parti.
C’est l’addition des secondes voix au plan fédéral qui détermine le nombre de sièges gagné par un parti au Bundestag, la première assemblée du Parlement. La répartition de l’intégralité des sièges se fait à la proportionnelle.
Le candidat ayant obtenu le plus de voix dans la circonscription est élu. Il occupe un « siège de circonscription ». Il n’y a pas de second tour.
La clause des 5 % vise à éviter qu’un trop grand nombre de partis soit représenté au Bundestag, ce qui rendrait difficile la constitution d’une majorité de gouvernement. Pour entrer au Bundestag, un parti doit réunir au moins 5 % des suffrages exprimés.
Une difficulté a été réglée par une révision de la loi électorale en 2023. Celle-ci a fixé le nombre des membres du Bundestag à 630. Auparavant, lorsqu’un parti avait obtenu un nombre de députés élus directement en circonscription proportionnellement supérieur au pourcentage obtenu par ses listes, le nombre de membres du Bundestag était augmenté pour que le total de ses députés corresponde à ce pourcentage. Désormais, certains députés élus directement ne peuvent siéger si le total des députés ainsi élus devait représenter un pourcentage supérieur à celui réuni par le parti. Pour que chaque circonscription ait néanmoins son député propre, un mécanisme de « couverture » du siège par le deuxième vote, celui de liste, a été instauré.
Les députés des partis bien implantés territorialement viennent majoritairement de l’élection directe, à l’inverse des députés des petits partis, surtout issus des listes. Ainsi lors des élections de février 2025, la CDU a compté dans ses 164 députés 128 élus directement en circonscription. A l’inverse, die Linke ne comptait dans ses 64 députés que 6 élus en circonscription, les 58 autres étant issus de listes.
Il arrive que certains députés plus anciens battus dans leur circonscription ne veuillent pas être « rattrapés », alors qu’ils figurent, par ailleurs, sur une liste. De très jeunes députés, issus souvent de listes, ont ainsi pu être élus.
Ce mode de scrutin s’appelle la représentation proportionnelle personnalisée, die personalisierte Verhältniswahl. Il allie le scrutin proportionnel plurinominal et le scrutin uninominal majoritaire à un tour et, par ailleurs, parvient à éviter un trop grand éparpillement des partis au Bundestag. Quoiqu’à première vue un peu compliqué, ce système est tout à fait entré dans les mœurs des citoyens allemands.
Il est curieux que, dans le débat opposant en France les partisans du vote à la proportionnelle et ceux du vote majoritaire par circonscription, il ne soit jamais fait référence au modèle allemand, qui répondrait pourtant à maintes préoccupations des uns et des autres.
Cyrille Schott, préfet honoraire de région, membre du conseil d’administration de l’association française des décorés du mérite allemand (AFDMA).
Französisch-Buchholz – une localité huguenotte à Berlin
Par Gérard Foussier
Signé en 1598 par Henri IV, l’édit de Nantes a accordé une égalité civile entre catholiques et protestants. Cependant, l’histoire retient aussi et surtout la révocation de ce texte par l’édit de Fontainebleau, promulgué en 1685 par Louis XIV – avec pour conséquence l’exil de dizaines de milliers de protestants vers des pays de Refuge, essentiellement aux Pays-Bas et en Allemagne.
La plupart des huguenots, 20 000 en provenance de Lorraine selon les estimations, ont été accueillis par Frédéric-Guillaume Ier (1620-1688), électeur de Brandebourg et duc de Prusse depuis 1840. Dans le dôme français (Französischer Dom), construit en 1705 par la communauté protestante en plein cœur historique de Berlin, un musée huguenot retrace l’histoire des protestants français à Berlin et dans le Brandebourg et leur influence dans la région, en raison de leurs compétences, entre autres dans le commerce, l’agriculture, l’artisanat, la joaillerie, la médecine ou encore l’industrie textile. Les huguenots ont ouvert des écoles et favorisé ainsi l’essor de la langue française, c’est à eux que la langue allemande doit d’avoir ajouté les mots café, restaurant ou trottoir dans le langage courant. Ils ont fait connaître les artichauts, les asperges et les haricots verts aux Allemands. Mais ils ont aussi assuré leur propre intégration sociale en apprenant l’allemand et en épousant des Allemand(e)s. Hommage leur est rendu aussi par la Französische Straße, une des plus célèbres artères du centre historique de la capitale, ainsi nommée en 1706.
C’est cependant à l’ouest de Berlin, que le souvenir est peut-être, sans être le plus spectaculaire, du moins le plus vivant, à … Französisch-Buchholz, dans l’arrondissement de Pankow, connu pendant la guerre froide comme le siège du gouvernement communiste est-allemand. Les Occidentaux, en Allemagne fédérale surtout, avaient coutume de parler du « régime de Pankow » pour évoquer Berlin-Est. Mentionné pour la première fois sous le nom de Buckholtz en 1242, ce village de pêcheurs, qui doit son nom à une hêtraie, a une histoire franco-allemande. Il devient la propriété du Prince-Électeur en 1670 : Frédéric-Guillaume décide d’y établir une colonie de 16 familles de paysans et jardiniers français. Il alloue même une allocation annuelle de 40 000 thaler pour l’établissement de cette colonie qui comptera 87 habitants en 1688 et 213 en 1734, dont un tiers de huguenots.
Les premiers « réfugiés » s’appellent Arnoux, Aubert et Guyot – leurs noms ont été donnés entretemps à des rues de la commune et leurs tombes sont en partie encore présentes dans le cimetière, au centre duquel se dresse une chapelle protestante. Et certains contribueront à la notoriété du village : le fils du pasteur Charles Ancillon par exemple, Louis Frédéric, sera théologien et philosophe, son petit-fils Jean-Pierre Frédéric sera même nommé ministre prussien. C’est également dans ce hameau que l’aéronaute français Jean-Pierre Blanchard, parti du centre de Berlin (Tiergarten), terminera en 1788 son 33e vol en ballon, trois ans après avoir été le premier à réussir la traversée de la Manche avec sa nacelle qu’on n’appelait pas encore montgolfière. Jamais encore, un survol de Berlin n’avait eu lieu. La popularité des Français était telle que six décennies plus tard, les huguenots établis à Berlin ne parlaient plus que de Französisch Buchholz, quand ils montaient dans le tramway à cheval inauguré en 1860 pour relier, 15 stations plus loin, le centre de Berlin (Alexanderplatz) à ce village. En 1910, le pasteur Albert Hurtienne (1868-1939) organise la fusion entre la paroisse luthérienne et celle des huguenots et lance la construction d’un lieu de culte sur la place qui porte désormais son nom.
En 1913 néanmoins, en raison de ressentiments hostiles à la France, la localité perdra son qualificatif Französisch et prendra officiellement le nom plus classique et plus neutre de Berlin-Buchholz qu’elle gardera jusqu’en 2001, date à laquelle, à la demande de plusieurs associations locales, l’administration locale décidera de revenir au patronyme abandonné 86 ans plus tôt. Les édiles justifieront ce choix par une plaque de bronze évoquant « notre tradition franco-allemande d’une action fructueuse marquée par la tolérance et le respect », liant ainsi l’Histoire et la nouveauté.
Il existe de nombreux autres lieux en Allemagne où la présence de réfugiés huguenots a été déterminante pour l’essor de la commune et de ses environs. Französisch-Buchholz cependant est la seule localité d‘Allemagne dont le nom est complété par l’adjectif französisch. La tentation est grande d’essayer de comparer le phénomène de la fin du 17e siècle à la politique migratoire, objet de toutes les polémiques dans de nombreux pays européens en ce début de 21e siècle. Comparaison n’est pas raison : les huguenots, menacés dans leur existence pour leurs convictions religieuses, ont cherché et trouvé leur survie dans des contrées dévastées par la Guerre de Trente Ans, où tout était à reconstruire. Le souverain prussien, élevé dans la foi calviniste et marqué par un long séjour en Hollande, avait hérité d’un territoire dévasté par la Guerre de Trente Ans, occupé par l’armée suédoise et menacé par la Pologne. C’est dans le cadre de sa vaste réforme économique, qu’il accordera en 1685 (édit de Potsdam) l’asile aux huguenots français pour favoriser l’essor de Berlin et du Brandebourg. Entre autres à Französisch-Buchholz.
Gérard Foussier,
Président du BILD de 2005 à 2024, rédacteur en chef de Dokumente-Documents de 2005 à 2017. Ancien directeur de la rédaction française de la « Deutsche Welle ». Auteur de nombreux ouvrages et articles sur les relations franco-allemandes et les différences interculturelles entre nos deux pays.
Les manifestations franco-allemandes
Grand Prix Franco-Allemand des Médias
La chanteuse Zaho de Sagazan a reçu le Grand Prix franco-allemand des Médias lors de la remise du Prix franco-allemand du journalisme (PFAJ)
« Ses compositions de chansons et d’électro originales enthousiasment un large public en France comme en Allemagne », a loué le PFAJ. Inspirée par Kraftwerk, la scène berlinoise et des artistes allemands, la nazairienne chante fréquemment en allemand le titre anti-guerre 99 Luftballons, popularisé par Nena dans les années 1980. Elle s’engage, par ailleurs, pour la solidarité entre les générations et contre les discriminations des minorités.
« Je me sens très attachée à la langue et à la culture allemandes », a confié Zaho de Sagazan lors de la cérémonie. « Recevoir un prix qui souligne l’amitié franco-allemande et défend des valeurs que je partage est quelque chose de très spécial pour moi, surtout en ces temps de crise. »
Le Prix Franco-Allemand du Journalisme a récompensé cette année Tetiana Pryimachuk et Philippe Lagnier pour « Ukraine, l’enfance volée » (France 5) (catégorie Documentaire), Isabel Ströh et Isabell Beer pour « Das Vergewaltiger-Netzwerk auf Telegram » (STRG_F, NDR / funk) (Catégorie Investigation), Thibaut Madelin pour « Zwickau, le rêve brisé de Volkswagen » (Les Echos) (catégorie Actualités), Luna-Shirin Ragheb pour « Worte sind die erste Waffe – Wie eine Anwältin zur Feministin wurde » (SWR Kultur) (catégorie Jeunes Talents) et l’équipe de l’émission « Karambolage » (ARTE) (Prix Spécial « Alfred Grosser »).
Exposition :
Gerhard Richter, un artiste en perpétuelle réinvention
à la Fondation Louis Vuitton, à Paris, du 17 octobre.2025 au 2 mars 2026.
C’est l’une des expositions événements de l’automne. La Fondation Louis Vuitton, à Paris, consacre une rétrospective majeure à l’artiste allemand Gerhard Richter, grand nom de la peinture contemporaine. Elle couvre plus de six décennies d’un art en perpétuelle réinvention.
Que peut la peinture ? C’est depuis six décennies la quête de l’artiste allemand Gerhard Richter, l’une des plus grandes figures de l’art contemporain. Artiste caméléon, aujourd’hui âgé de 93 ans, il a exploré les possibilités et les limites de son art. Il a oscillé entre figuration et abstraction. La Fondation Louis Vuitton, à Paris, lui consacre jusqu’au 2 mars 2026 une rétrospective majeure.
Exposition au superlatif
Avec 275 œuvres peintes de 1962 à 2024, un parcours organisé en huit chapitres chronologiques et la mobilisation de 34 salles, il s’agit de la plus vaste exposition jamais consacrée à Gerhard Richter.
Elle donne à voir l’évolution artistique du peintre : son passage de la figuration à l’abstraction, son usage de la photographie comme source, son exploration des genres (portrait, paysage, nature morte, histoire) et sa remise en question de la peinture elle-même.
Elle dévoile des œuvres engagées sur l’histoire allemande et la mémoire, ainsi que des travaux plus expérimentaux. Elle invite à réfléchir sur la nature de l’image, qui est au centre de la quête de Gerhard Richter. « Je suis un faiseur d’images », a-t-il déclaré un jour.
Les commissaires, Dieter Schwarz et Nicholas Serota, ont fait dialoguer entre elles différentes phases de création, par exemple les photo-peintures flous des années 1960 et les images abstraites vibrantes de couleurs.
Gerhard Richter s’est également confronté à la question de savoir si l’art était possible après Auschwitz. La série « Birkenau », peinte en 2014, donnent une dimension tragique et mémorielle à l’exposition. Elle traduit l’impossibilité de représenter l’horreur tout en affirmant la puissance expressive de la peinture.
Un artiste caméléon qui interroge les limites de la peinture
L’artiste, né à Dresde en 1932, a vécu à l’Ouest à partir de 1961. Il a été formé à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde, puis à l’Académie nationale des arts de Düsseldorf, où il a enseigné de 1971 à 1994.
Au fil des années, son œuvre a embrassé un spectre sans cesse élargi. À partir de 1976, Gerhard Richter a créé des toiles abstraites aux couleurs intenses. Parallèlement, il a poursuivi son travail figuratif à travers des séries restreintes de paysages, natures mortes, portraits et peintures historiques. Il est connu pour ses peintures aux contours légèrement floutés réalisées à partir de photos de bougies, crânes, paysages et motifs profanes.
A partir de 1986, il a aussi utilisé la technique de la photographie peinte. Ces dernières années, il s’est emparé des procédés numériques. Il a décidé en 2017, à 85 ans, d’arrêter la peinture. Mais il poursuit son œuvre, notamment à travers le dessin.
Publication
Le général Jean Cot nous informe qu’il vient de faire réimprimer son ouvrage « Soldat 1953 – 1994 », en autoédition. 500 pages en format A 4, avec de nombreux documents en couleur. Commande à l’auteur.
SOLDAT 1953 – 1994
Rien, ou presque, ne destinait le général Cot à la carrière des armes. Il la vécut avec passion, occupant successivement vingt postes opérationnels, à la tête d’unités de combat ou en état-major.
Au fil des pages, on découvrira ses réflexions originales sur l’exercice du commandement, l’extrême exigence de la préparation au combat, les fondements de notre stratégie nationale.
Mieux que des « Mémoires » par lesquelles, le plus souvent, leurs auteurs s’attachent à présenter leur meilleur profil, ce livre relate le parcours d’un soldat et d’un chef, avec ses fortes convictions et ses doutes passagers, ses réussites et ses échecs, ses références littéraires et philosophiques.
Les très nombreux extraits de ses écrits intimes et de documents officiels inédits confèrent à ce livre une rare authenticité, dans un style enlevé, précis et incisif, non dépourvu d’humour. Ce parcours professionnel d’un homme d’action et de réflexion passionnera le lecteur, bien au-delà des cercles militaires.
Saint-Cyrien, diplômé d’état-major et breveté de L’École de guerre, le général d’armée Jean Cot commandait la 1 »’ armée lorsqu’il fut appelé à la tête de la Force de protection des Nations-Unies (Forpronu), en juillet 1993. En désaccord avec M. Boutros Ghali, il est rappelé en France en mars 1994 et démissionne. Depuis, il a enseigné à l’université de Reims, donné de nombreuses conférences, publié cinq ouvrages, écrit de nombreux articles, sur l’ex-Yougoslavie, l’ONU la Défense et la Paix. Il est grand Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, Officier de la Legion of Merit des Etats-Unis.
La vie de l’AFDMA
Remise des Prix de l’AFDMA au rectorat de Strasbourg
Le recteur Olivier Klein a accueilli le lundi 6 octobre dans les salons du rectorat la remise des prix de l’Association française des décorés du Mérite allemand (AFDMA). Il a remis avec le préfet honoraire de région, Cyrille Schott, délégué en Alsace de l’AFDMA, le prix à deux élèves scolarisés dans le lycée Stanislas de Wissembourg, dans le Bas-Rhin, et le lycée des métiers Charles de Gaulle de Pfulgriesheim, dans le Haut-Rhin.
Ce prix récompense l’intérêt des élèves pour l’Allemagne et la langue allemande. Les deux récipiendaires, Patience Dunckel et Léon Zimmermann, ont été sélectionnés sur leurs résultats scolaires en allemand et leur engagement franco-allemand.
Patience Dunckel, originaire de Schœnenbourg, a pour langue maternelle l’alsacien et a grandi dans un milieu dialectophone. Elle a intégré le cursus bilingue au collège puis a poursuivi au lycée le parcours Abibac. Elle a brillamment réussi et le baccalauréat et l’Abitur. Elle a noué des liens suivis avec des correspondants allemands et a été une élève très appréciée par ses professeurs pour son travail, sa curiosité d’esprit, son engagement dans la vie de groupe. Elle suit des études de Lettres à l’université de Strasbourg.
Léon Zimmermann a réussi l’Azubi-Bac pro des métiers de l’électronique et des environnements. Ce dispositif s’appuie sur un partenariat entre des établissements d’enseignement professionnel situés en Alsace et au Bade-Wurtemberg. Les élèves qui le réussissent obtiennent, outre le baccalauréat, une certification binationale. Le lauréat a accompli avec un grand succès des stages en entreprises en Allemagne et en Suisse. Il poursuit ses études en BTS CIRA (contrôle industriel et régulation automatique).
Les lauréats ont été chaleureusement félicités par le recteur Klein et le préfet Schott. Le recteur Klein, mettant en relief la vocation de l’Alsace comme terre de dialogue franco-allemand, a souligné que 98 % des élèves en école élémentaire publique y bénéficient d’un enseignement de l’allemand et que trois quarts des élèves de l’école élémentaire en France bénéficiant d’un enseignement de l’allemand se trouvent dans l’académie de Strasbourg ; que 82 % des élèves du second cycle y bénéficient d’un enseignement de l’allemand et que 45 % des élèves ayant choisi l’allemand comme première langue vivante en France se situent dans notre académie ; que les effectifs des élèves du cursus bilingue français-allemand au collège ont été multipliés par deux en dix ans. Le préfet Schott, insistant sur le rôle de l’amitié franco-allemande en Europe, a relevé l’importance de cette remise des prix au rectorat, comme reconnaissance de la place de l’allemand et de l’alsacien dans notre région.
L’AFDMA présente au 65ème anniversaire du jumelage Avignon-Wetzlar
Le 24 octobre dernier, une délégation de 80 personnes, personnalités et citoyens de la ville de Wetzlar, près de Francfort, s’est rendue à Avignon pour fêter avec ses amis et partenaires le 65ème anniversaire d’une relation exemplaire d’amitié et d’échanges.
Cette relation est animée depuis de nombreuses années par Christiane Bourdenet, membre de l’AFDMA et particulièrement représentative de l’engagement de la société civile au service du rapprochement entre nos deux pays. Qu’elle en soit chaleureusement remerciée.
Le Président de l’AFDMA était par ailleurs représenté par Gérard Thieser, membre du Bureau, qui a lu son message suivant :
« Mes félicitations et mon soutien à tous ceux qui s’engagent année après année dans cette amitié franco-allemande si nécessaire aujourd’hui à travers ce jumelage exemplaire Avignon-Wetzlar.
On pourrait croire que c’est acquis …. Ce n’est jamais acquis définitivement. La situation internationale nous engage à trouver une voie commune et ce n’est pas toujours facile. Nous ne sommes forts que si nous sommes ensemble. C’est donc un travail de chaque jour qui doit se faire à tous les niveaux. Cela commence par l’apprentissage de la langue allemande dans les lycées, un combat à mener, et se poursuit par les jumelages et les échanges individuels pour arriver aux échanges institutionnels. Toutes les initiatives sont complémentaires.»
Réunion du Bureau le 26.11.2025 et Assemblée générale 2026
Le Bureau de l’AFDMA s’est réuni le 26.11.2025 dans les locaux du BILD à Paris.
A l’ordre du jour, le point sur les cotisations / adhésions, la situation financière et la préparation de la prochaine assemblée générale, qui aura lieu soit le 11, soit le 12 mars 2026 de 14h30 à 16h30 à l’Ambassade d’Allemagne, suivant ses disponibilités.
L’AG sera précédée, le matin même à 9H45, par la réunion des Délégués régionaux au BILD.
La prochaine réunion du Bureau est prévue le jeudi 19 février 2026.
APPEL / RAPPEL
La vie de l’AFDMA, ce sont aussi les cotisations de ses membres et de ses amis.
Merci de soutenir notre engagement !
Le montant a été fixé pour les membres à 35€, et à 25€ pour les amis en 2024, à adresser par chèque à notre trésorier, Olivier de Becdelièvre,
Secrétaire général de l’AFDMA, 101bis rue Lauriston, 75116 Paris.
Pour tout virement, voici les coordonnées bancaires de l’AFDMA : auprès du Crédit Mutuel de Paris :
IBAN : FR76 10278060100002070210112
