Lettre d’information n°43. Juillet 2020.

LA LETTRE D’INFORMATION  sur les relations franco-allemandes et l’Allemagne

N° 43. Juillet 2020

Responsable de la rédaction : Bernard Viale.

Délégué à  la « Communication ».

 

Le mot du Président

 

Chers membres de l’AFDMA, chers amis,

Dans mon précédent éditorial, je soulignais la gravité de la crise qui nous a touchés, et nous touche encore, en remarquant que de tels événements sont de bons révélateurs de la réalité des relations entre les institutions et les alliances. Je précisais que « c’est bien dans ces moments que l’Europe, en général, et le partenariat franco-allemand en particulier doivent démontrer leur réalité et leur efficacité».

Les articles publiés dans ce dernier n° de notre « Lettre d’information » montrent bien que la coopération franco-allemande intergouvernementale et parlementaire ne s’est pas arrêtée pendant le confinement dans nos deux pays, bien au contraire. Après la solidarité démontrée pour résoudre la crise sanitaire, La France et l’Allemagne se sont attachées à affronter les graves conséquences économiques qui résultent de ce coup de frein mondial des activités. Le couple moteur a inspiré, comme cela a été souvent le cas, les propositions des institutions européennes avec leurs plans de relance.

La coopération entre les sociétés civiles, même si elle a souffert de l’arrêt des échanges « physiques », s’est poursuivie par tous les moyens de communication qu’offrent les plateformes informatiques. Certes, de nombreux événements importants ont du être reportés à une date ultérieure, mais ils ne sont pas annulés. La continuité des relations est assurée.

La reprise de l’activité économique et le retour à une croissance nécessaires au bon fonctionnement de nos sociétés s’annoncent difficiles dans les temps à venir. Des difficultés risquent de mettre à mal la solidité de nos liens, tant franco-allemands qu’européens.

Gageons que la qualité de nos relations nous permettra de surmonter cette nouvelle épreuve et que notre lien franco-allemand en sortira renforcé. Il appartient à chacun, à tous les niveaux, d’y contribuer par ses engagements au profit de l’amitié franco-allemande.

Avec mon très cordial souvenir

Général (2S) Bertrand-Louis-Pflimlin

Président

 

Sommaire :

–          Le mot du Président.

–          P. 2 : Paris et Berlin proposent un fonds de relance européen de 500 milliards d’Euros.

–         P. 5 : Quelques observations au sujet de « l’accord Merkel-Macron ». Par Cyrille Schott.
–          P. 6 :L’actualité des relations franco-allemandes ces derniers mois : Un an après la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle.

–          P. 7 : Publications :

–           « Briser le plafond de verre ? La coopération franco-allemande décentralisée suite au Traité d’Aix-la-Chapelle.»

–          P. 8 : « Capitaine dans la tempête : défis et enjeux de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne.»

–          P .10 : « Allemagne d’aujourd ‘hui »: sommaire du n°232.
–          P. 11 : A paraître : «  De vieux ennemis à  bons voisins. Un dialogue franco-allemand ».
–          P. 11 : La vie de l’AFDMA .

 

Paris et Berlin proposent un fonds de relance européen de 500 milliards d’Euros

La crise actuelle est inédite dans l’histoire de l’Union européenne. Aucune façon de vivre, aucun emploi, aucune entreprise ne sont épargnés par ce choc mondial. Alors que nos sociétés et nos économies sont en train de sortir du confinement, des incertitudes considérables demeurent. Cependant, notre objectif est clair : l’Europe surmontera cette crise ensemble et en sortira plus forte. Nos efforts conjoints sont guidés par notre volonté de parvenir à une relance durable pour l’UE. Nous, la France et l’Allemagne, sommes pleinement déterminées à assumer notre responsabilité pour l’Union européenne et nous contribuerons à ouvrir la voie pour sortir de la crise.

À cette fin, nous devons plus que jamais mettre à profit la puissance que nous tirons de notre action conjointe en tant qu’Européens et unir nos forces de façon inédite.

Nous devrons aussi mener une réflexion approfondie sur les leçons à tirer de cette crise. La Conférence sur l’avenir de l’Europe sera l’occasion d’ouvrir un vaste débat démocratique sur le projet européen, ses réformes et ses priorités.

La France et l’Allemagne proposent les mesures suivantes.

1.    Renforcer notre souveraineté sanitaire stratégique par une « stratégie santé de l’U.E. »

Notre réponse à la crise actuelle et aux futures crises sanitaires doit s’appuyer sur une nouvelle approche européenne reposant sur la souveraineté sanitaire stratégique. Nous appelons de nos vœux une industrie sanitaire européenne ayant un positionnement stratégique qui améliorera la dimension européenne des systèmes de santé et réduira la dépendance de l’UE, dans le plein respect de la responsabilité des États membres. Par conséquent, nous devons :

– augmenter nos capacités de recherche et développement dans le domaine des vaccins et des traitements, ainsi que la coordination et le financement au niveau international (Initiative ACT-A), avec l’objectif à court terme de mettre au point et de fabriquer un vaccin contre le coronavirus au sein de l’Union européenne, tout en garantissant un accès mondial à ce vaccin ;
– mettre en place des stocks stratégiques communs de produits pharmaceutiques et médicaux (équipements de protection, kits de tests…) et développer les capacités de production de ces produits dans l’Union européenne ;
– coordonner les politiques européennes en matière de marchés publics communs pour les vaccins et traitements futurs (par exemple, la fabrication et le stockage de futurs vaccins potentiels) afin de parler d’une seule voix face à l’industrie pharmaceutique et de garantir un accès européen et mondial plus efficace ;
– mettre en place une « task-force » de l’UE chargée de la santé au sein du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et la charger, aux côtés des institutions nationales, d’élaborer des plans de prévention et de riposte face aux futures épidémies ;
– définir des normes européennes communes en matière d’interopérabilité des données sanitaires (par exemple une méthodologie harmonisée permettant de disposer de statistiques comparables sur les cas lors d’épidémies).

2. Créer un « fonds de relance » ambitieux au niveau de l’U.E. pour la solidarité et la croissance.

Pour soutenir une reprise durable qui rétablisse et renforce la croissance dans l’UE, l’Allemagne et la France soutiennent la création d’un Fonds de relance ambitieux, temporaire et ciblé, dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel (CFP), et une augmentation du CFP concentrée sur ses premières années. Compte tenu du caractère exceptionnel des difficultés que la pandémie de COVID-19 fait peser sur les économies dans l’ensemble de l’UE, la France et l’Allemagne proposent d’autoriser la Commission européenne à financer ce soutien à la relance en empruntant sur les marchés au nom de l’UE sur une base juridique respectant pleinement le Traité européen, le cadre budgétaire de l’UE et les droits des parlements nationaux.

Le Fonds de relance sera doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires de l’UE pour les secteurs et régions les plus touchés, sur la base des programmes budgétaires de l’UE et dans le respect des priorités européennes. Il renforcera la résilience, la convergence et la compétitivité des économies européennes, et accroîtra les investissements, notamment dans les transitions écologique et numérique et dans la recherche et l’innovation.
Les financements du Fonds de relance seront ciblés sur les difficultés liées à la pandémie et sur ses répercussions. Il s’agira d’un complément exceptionnel, intégré dans la décision relative aux ressources propres, avec un volume et une date d’expiration clairement spécifiés, et qui sera lié à un plan de remboursement contraignant au-delà du prochain CFP sur le budget de l’UE.
Un accord d’ensemble rapide sur le CFP et le Fonds de relance est nécessaire pour faire face aux grands défis que l’UE doit relever. Les négociations s’appuieront sur les progrès réalisés jusqu’en février. Nous nous efforcerons de fournir l’effort budgétaire lié à la crise du coronavirus dès que possible.
Ce soutien à la relance complète les efforts nationaux et la série de mesures arrêtée par l’Eurogroupe ; elle s’appuiera sur un engagement clair par les États membres d’appliquer des politiques économiques saines et un programme de réformes ambitieux.
L’amélioration du cadre européen pour atteindre une fiscalité équitable dans l’UE demeure une priorité, notamment en introduisant une taxation minimale effective et une taxation équitable de l’économie numérique au sein de l’Union, s’appuyant idéalement sur des conclusions fructueuses des travaux de l’OCDE, ainsi que la mise en place d’une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés.

3. Accélérer les transitions économique et numérique.

Il est temps de donner un coup d’accélérateur à la modernisation de l’économie et des modèles économiques européens. Dans cet esprit, nous réaffirmons que le « pacte vert » pour l’Europe (Green Deal) constitue la nouvelle stratégie de croissance de l’UE et notre feuille de route pour une économie prospère et résiliente sur la voie de la neutralité carbone d’ici à 2050. En parallèle, nous devons accélérer la transition numérique en transformant les tendances ayant émergé pendant la crise en un progrès et une souveraineté numérique durables. À cette fin, nous devons :

–  augmenter les objectifs de l’UE en matière de réduction des émissions pour 2030, de façon coordonnée avec un ensemble de mesures efficaces pour éviter les « fuites de carbone ». La proposition annoncée par la Commission concernant un mécanisme d’ajustement des émissions de carbone aux frontières permettra de compléter les instruments existants en conformité avec les règles de l’OMC. Les règles relatives aux aides d’Etat doivent être revues à l’aune d’une politique climatique plus ambitieuse et des risques de fuite de carbone ;
– soutenir l’introduction d’un prix minimum du carbone au sein du Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS) et travailler à mettre en place un futur ETS européen pour tous les secteurs ;
– élaborer pour chaque secteur une feuille de route pour une reprise respectueuse de l’environnement incluant, là où c’est nécessaire, des cibles et/ou des conditionnalités en matière de climat et d’environnement ;
– accélérer la transformation numérique, notamment par le déploiement de la 5G, des efforts visant à obtenir des infrastructures et des technologies de cybersécurité sûres et fiables, la gestion de l’identité numérique, un cadre favorable à l’intelligence artificielle ainsi qu’une régulation juste pour les plateformes numériques dans l’UE.

4. Accroître la résilience et la souveraineté économiques et industrielles de l’U.E. et donner un nouvel élan au marché unique.

L’intégration forte au sein du marché unique est la garantie de notre prospérité. Le redémarrage de l’économie européenne et son adaptation aux défis qu’elle rencontrera dans l’avenir nécessite une économie et une base industrielle résilientes et souveraines, ainsi qu’un marché unique robuste. Des marchés ouverts et un commerce libre et équitable sont un élément essentiel de la solution. Par conséquent, nous devons :

– soutenir la diversification des chaînes de valeur en promouvant un agenda commercial ambitieux et équilibré, articulé autour de l’OMC, intégrant de nouvelles initiatives, notamment dans le domaine du commerce des produits de santé, renforcer nos mécanismes anti-subventions [des pays tiers], faire en sorte qu’il existe une réciprocité réelle pour les marchés publics avec les pays tiers et renforcer le contrôle des investissements aux niveaux national et européen pour les investisseurs non européens dans les secteurs stratégiques (notamment santé, médicaments, biotechnologies…), tout en encourageant des investissements (re)localisés dans l’UE ;
– adapter la stratégie industrielle de la Commission à la reprise, en particulier moderniser la politique européenne de concurrence en accélérant l’adaptation des règles en matière d’aides d’Etat et des règles de concurrence ainsi que la mise en œuvre des projets importants d’intérêt européen commun [permettant des aides européennes] ;
– garantir le retour rapide à un marché unique pleinement fonctionnel et approfondir encore ce dernier au moyen d’une nouvelle feuille de route visant à créer un marché totalement intégré dans les domaines prioritaires (numérique, énergie, marchés financiers en particulier) avec des jalons clairs et un agenda législatif accéléré ;
– faire en sorte que l’espace Schengen fonctionne pleinement, en améliorant les obligations de coordination entre les États membres en temps de crise et en renforçant les frontières extérieures communes ;
– renforcer la convergence sociale et accélérer les discussions sur le cadre de l’UE pour un salaire minimum adapté aux situations nationales.

© Élysée.f

 

Quelques observations au sujet de « l’accord Merkel-Macron »
Par Cyrille Schott

Cet accord franco-allemand est très important pour le couple franco-allemand et l’Europe. Chaque partenaire ne peut oublier les intérêts de son pays et la vigilance de son opinion publique et de ses commentateurs. Ce qui est remarquable dans le couple franco-allemand, c’est que malgré cela, en raison d’une conviction européenne commune, il arrive  à formuler des propositions qui font avancer l’Europe. Ce que France et Allemagne ont mis sur la table sera évidemment débattu, mais ce qu’il faut relever, c’est qu’ils ont mis sur la table des propositions et eux seuls l’ont fait. A nouveau, le couple franco-allemand a montré son rôle central.
L’Union européenne emprunterait pour alimenter son budget. Jusqu’à présent, le budget de l’UE est alimenté à plus de 70 % par les contributions des Etats et à moins de 30 % par des ressources propres. L’UE en s’est jamais vu reconnaitre le droit d’emprunter par les Etats membres, alors même que sa côte est très bonne et qu’elle pourrait emprunter à des conditions plus qu’avantageuses. Si cet élément est approuvé par le Conseil européen, c’est un pas historique dans le domaine budgétaire qui sera franchi. On peut penser qu’à terme, l’Union pourra emprunter comme un Etat, même si, dans l’immédiat, on va soumettre à restrictions ce droit d’emprunter
Les réactions réservées de pays du Nord, comme l’Autriche, portent spécialement sur la façon d’attribuer les crédits du fonds de relance : sous forme d’aides non remboursables ou de prêts ; avec ou sans conditions. Les débats vont notamment porter là-dessus et finiront sans doute par un compromis, compréhensible. Les pays du centre et de l’Est voudront surtout obtenir la garantie que l’on ne va pas toucher aux fonds de cohésion qui vont vers eux. Là aussi, on trouvera la réponse.
Si la proposition franco-allemande était retenue, le volume des aides accordées sous forme de dotation et non de prêts aux Etats doublerait la portée des fonds structurels européens, qui s’élevaient à 460 milliards environ sur la période précédente 2014-2020. Les critères d’attribution , selon la proposition privilégieraient les « Etats , régions , secteurs , les plus touchés par l’impact de la pandémie ».
Il faudra voir aussi comment sera envisagé le remboursement des emprunts de l’UE. Evidemment, si l’Europe créait de nouvelles ressources propres, indépendantes des contributions des Etats – comme taxe plastique, taxe environnementale à la frontière, taxe sur les transactions financières,… – et à même de faciliter ce remboursement, la question serait simplifiée.
Si l’on n’en est pas encore là, la commission évoque bel et bien le sujet. Attendons ! Comme je l’ai déjà dit, la crise fait avancer l’Europe…
Reste aussi la question du montant du fonds de relance : 500 mds  + 500 Mds déjà décidés,  ce n’est pas rien, mais la Commission propose d’aller plus loin, avec des prêts. Donc, là aussi, il y a aura encore des débats.
Les emprunts de l’Union créeraient la possibilité d’une dette publique propre à l’UE et d’un marché mondial des obligations en Euros, sans doute l’un atouts qui a le plus manqué pour affirmer le statut international de l’Euro.
Cyrille Schott

Ancien Préfet de Région, Directeur de l’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice. Délégué régional de l’AFDMA pour l’Alsace.

Les Parlements allemand et français pour une nouvelle dynamique en Europe

L’Assemblée parlementaire franco-allemande s’est réunie le jeudi 28 mai 2020 pour discuter des conséquences de la crise du Covid-19. Les présidents du Bundestag et de l’Assemblée nationale ont appelé Paris et Berlin à impulser une nouvelle dynamique en Europe.

L’Assemblée parlementaire franco-allemande s’est réunie par visioconférence pour une séance extraordinaire consacrée aux stratégies transfrontalières face à l’épidémie de Covid-19 et à ses conséquences. Les ministres de l’Intérieur des deux pays, Horst Seehofer et Christophe Castaner, ont répondu aux questions des cent députés qui la composent (50 issus du Bundestag, 50 de l’Assemblée nationale). A été question des contrôles frontaliers, mais aussi des initiatives envisagées à l’échelle européenne pour répondre à la crise.

Frontières
À la frontière commune, « les barrières physiques sont levées, mais il faut maintenant lever les barrières juridiques », a expliqué sur les ondes le député Andreas Jung, l’un des deux co-présidents de l’Assemblée bilatérale créée en 2019. Les déplacements d’un pays à l’autre « doivent à nouveau faire partie de la normalité ».

C’est plus qu’un symbole, souligne-t-il. « C’est aussi un progrès concret. Parce qu’à l’heure actuelle, quand le marché intérieur ne fonctionne pas pendant un certain temps, nous nous rendons compte de son importance et de son impact sur nos pays, sur nos économies et sur les populations ».

« Tirer les leçons de cette crise »
Dès mardi, les présidents du Bundestag et de l’Assemblée nationale, Wolfgang Schäuble et Richard Ferrand, s’étaient déjà prononcés pour « le rétablissement immédiat de la libre circulation au sein de l’espace Schengen lorsque les conditions seront remplies ».

Dans une déclaration commune, ils ont appelé, plus largement, la France et l’Allemagne à « tirer les leçons de cette crise » pour « insuffler une nouvelle dynamique » en Europe.

« Une dynamique », ont-ils souligné, « qui fasse de l’Europe un continent plus ouvert aux technologies et, partant, plus compétitif et plus durable ». Une dynamique, aussi, «  qui n’accroît pas les différences en Europe mais qui les réduit ».

Richard Ferrand et Wolfgang Schäuble voient dans cette crise « une rupture » qui vient révéler les fragilités de notre modèle économique. La délocalisation des sites de production et l’internationalisation des chaînes d’approvisionnement, analysent-ils, ont accru le risque d’un « arrêt d’une chaîne d’approvisionnement si l’un des maillons est défaillant ». Ils appellent à développer des stratégies pour rendre l’Europe plus souveraine et pour la doter d’une autonomie stratégique dans les secteurs vitaux. Ils soutiennent aussi le « Pacte vert » de la Commission européenne comme « nouvelle stratégie de croissance de l’Union européenne (UE) ».

Dans ce contexte, ils souhaitent accompagner dans le cadre parlementaire l’initiative de relance présentée par la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron. Ils souhaitent qu’elle donne « le coup d’envoi pour mettre au point une sorte de nouveau Plan Schuman  » (i.e. le plan qui a donné naissance il y a 70 ans à la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, berceau de la construction européenne, ndlr).

« Notre défi », soulignent-ils, « doit consister maintenant à lancer une décennie d’investissements dans le renforcement de notre résilience, dans les domaines de la santé publique, du développement durable et du climat, ainsi que de la sécurité globale du continent ».

A.L.

Plus d’informations :
Déclaration commune des présidents du Bundestag et de l’Assemblée Nationale, Wolfgang Schäuble et Richard Ferrand (version française)

 

 

Publications

 

Durant les mois passés, nous avons publié un certain nombre d’articles sur notre site internet www.afdma.fr que nous ne reprenons pas dans cette « Lettre d’information ». Vous les retrouverez en page d’accueil à la rubrique « En direct du franco-allemand » ou dans le « carrousel d’articles d’actualité ».

 

« Briser le plafond de verre ? La coopération franco-allemande décentralisée suite au Traité d’Aix-la-Chapelle »

Visions franco-allemandes, n° 30, Ifri, juin 2020

Andreas MARCHETTI

Le développement de la coopération franco-allemande est un processus intergouvernemental aux multiples facettes. Les uns estiment que la capacité d’innovation dans les relations est le propre des décideurs centraux, tandis que d’autres pensent que ce sont les acteurs locaux qui sont à même d’innover.

Cette Vision franco-allemande analyse dans quelle mesure le Traité d’Aix-la-Chapelle et l’accord parlementaire du 25 mars 2019 améliorent le cadre institutionnel et juridique de la coopération décentralisée entre la France et l’Allemagne. Il apparaît que ces deux textes constituent une innovation importante à travers la clause d’adaptation et de dérogation. Cette clause peut contribuer à surmonter certains obstacles liés aux différences de structure administrative et juridique. Sur le plan politique, il convient d’accélérer une mise en réseau dynamique entre les niveaux municipal, régional et national, tout en mettant en œuvre une politique de résultats, fondée sur des projets concrets, lesquels pourraient être éligibles auprès du Fonds citoyen, opérationnel depuis avril 2020.

Andreas Marchetti est professeur honoraire à l’université de Paderborn, il enseigne régulièrement au campus européen franco-allemand de Sciences Po Paris à Nancy. Il a été chercheur invité du Cerfa à l’Ifri en 2009-2010.

Vous trouverez cette publication en français (PDF) et en allemand (PDF) sur le site de l’IFRI.

 

« Capitaine dans la tempête : défis et enjeux de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne »

Notes du Cerfa, n° 153, Ifri, juillet 2020
Claire DEMESMAY

C’est dans un contexte de crise aiguë liée à la pandémie de Covid-19 que s’ouvre, le 1er juillet 2020, la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne. Entre défis inédits et contraintes d’organisation, l’Allemagne aborde sa présidence dans un contexte marqué par de fortes attentes de ses partenaires européens.
La présidence allemande sera à l’image de ce qu’ont expérimenté nos sociétés sous l’effet de la pandémie : elle devra improviser, s’adapter et naviguer à vue. On peut y voir la présidence de tous les dangers, dans la mesure où les décisions qui seront prises, ou au contraire qui ne le seront pas, touchent au cœur de la cohésion de l’UE, et par là même à l’essence du projet européen.

À l’inverse, on peut y voir la présidence de toutes les chances, dès lors que la prise de conscience qui a émergé durant la crise sanitaire conduit à une réorientation de la politique européenne. S’il est sans doute exagéré d’évoquer un « moment hamiltonien », comme l’ont fait certains à propos de l’initiative franco-allemande de mai 2020, le fonds de relance dont elle a défini le cadre a le potentiel de faire passer un cap supplémentaire à l’intégration européenne.

La présidence allemande sera scrutée avec d’autant plus d’attention qu’elle clôt le quatrième et dernier mandat d’Angela Merkel – après 15 années à la chancellerie fédérale. Celle-ci n’a jamais été « une force révolutionnaire au sein de l’UE », et il est fort peu probable qu’elle le devienne subitement. Étant donné sa personnalité, on peut s’attendre à ce qu’elle reste fidèle à elle-même et exerce une médiation à la fois prudente et inclusive, orientée vers la recherche de compromis. Cependant, même si elle ne voit pas la présidence comme une ultime opportunité d’entrer dans les livres d’histoire européens, le cap politique que son gouvernement fixera au second semestre 2020 aura indéniablement une influence sur l’avenir de l’Union européenne.
Cette note vise à présenter les objectifs que s’est fixé Berlin et les marges de manœuvre dont l’Allemagne dispose. Après avoir présenté les priorités remaniées de la présidence allemande dans un contexte de crise, elle revient sur le débat sur l’indépendance stratégique et, dans cette perspective, sur la relation avec la Chine. Pour finir, elle analyse les conditions du leadership allemand alors que le gouvernement fédéral fait face à des attentes aussi considérables que contradictoires de ses partenaires : elle se concentre plus précisément sur la coopération franco-allemande.

Claire Demesmay dirige le programme « France/Relations franco-allemandes » de l’Institut allemand de politique étrangère (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik, DGAP) à Berlin.

Vous trouverez cette publication en français : Capitaine dans la tempête : défis et enjeux de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne (pdf) sur le site du Cerfa.

 

 

ALLEMAGNE d’aujourd’hui

Sommaire du n° 232. Avril – juin 2020

Dossier : «  L’Allemagne unifiée, trente ans après. »

Dirigé par Étienne Dubslaff, Hans Stark et Jérôme Vaillant

Introduction : Étienne Dubslaff, Hans Stark et Jérôme Vaillant.

É. Dubslaff : La « révolution pacifique » et la « réunification allemande »

E. Droit : La réunification ou la mémoire collective fragmentée d’une société froide.

V. Dubslaff : L’extrême droite et la réunification : enjeux mémoriels d’une rupture historique.

C. Hähnel-Mesnard : L’unification allemande à travers le prisme de la littérature.

A.-M. Pailhès : Contre-culture en Allemagne : un autre modèle de réunification ?

R. Lambertz-Pollan, J. Massol : Les nouveaux Länder : une transformation économique inachevée – entre héritage, ruptures et renouveau.

B. Grésillon : L’évolution du territoire allemand depuis 1990 : de l’homogénéité à la disparité.

É. Goudin, A. Volkwein  : Wachstum gut, alles gut ? Pour une autre lecture de la société allemande trente ans après la chute du Mur.

B. Lestrade : La situation des femmes à l’Est et à l’Ouest : quel rapprochement ?

J. Vaillant : L’évolution du système des partis : du tripartisme d’antan au pluripartisme d’aujourd’hui.

H. Stark : 30 ans de politique étrangère allemande. Entre volonté de continuité et tiraillement inévitable.

M. Drain : La politique de défense de l’Allemagne unifiée : d’une priorité à la gestion des crises au retour de la défense territoriale.

H. Uterwedde : L’Allemagne et la mondialisation : une position forte mais vulnérable.

L’actualité sociale par B. Lestrade

Chronique cinéma ou Les déliquescences d’un cinéphile confiné par J.-P. Bernardy.

Hommage. Michel Cullin (1944-2020) par Jérôme Vaillant, avec les témoignages de Bernard Viale et Rudolf Herrmann.

I. Jugé-Pini : Image(s) de l’Allemagne et apprentissage de l’allemand.

 

A paraître : « De vieux ennemis à  bons voisins. Un dialogue franco-allemand ».

Comme nous l’avions annoncé dans une précédente « Lettre d’information » (janvier 2020), l’ouvrage commun d’Hélène Miard-Delacroix et Andreas Wirsching, déjà paru en Allemagne, va être publié en octobre 2020 chez Fayard.

Hélène Miard-Delacroix, historienne et professeur d’université (Paris-Sorbonne), est déléguée régionale de l’AFDMA pour Paris et l’Île-de-France.

Les manifestations franco-allemandes

Le Congrès commun de la Fédération des Associations franco-allemandes pour l’Europe (FAFA) et de la Vereinigung der deutsch-französischen Gesellschaften für Europa (VDFG) initialement prévu en octobre à St Brieuc est reporté au printemps 2021.

Conférences et débats à la Maison Heinrich-Heine

Cité universitaire, Boulevard  Jourdan, Paris 14ème.

Les activités / événements devraient reprendre en septembre.

 

La vie de l’AFDMA

 

Un nouveau membre

Nous souhaitons la bienvenue à M. Jean-Luc Logel, capitaine de frégate.

 

Site internet www.afdma.fr

Le site internet est régulièrement mis à jour avec des articles d’actualité, souvent rédigés par nos membres, sur les relations entre nos deux pays dans le contexte de l’Europe.

 

Page « facebook » de l’AFDMA

Pour mémoire : En plus du site internet «www.afdma.fr », nous disposons d’un outil de communication supplémentaire sous la forme d’une page « facebook », sous l’appellation « Association Française des Décorés du Mérite Allemand ».
Cette page est aussi régulièrement mise à jour et comprend, conformément à la mission de l’AFDMA, des informations sur la coopération franco-allemande, sur l’Allemagne et sur l’Europe. Elle permet une interactivité.

Venez nombreux la visiter et nous faire part de vos avis sur les sujets abordés.

 

APPEL / RAPPEL

La vie de l’AFDMA, ce sont aussi les cotisations de ses membres et de ses amis.

Certains membres n’ont pas encore réglé la leur pour 2020 !

Merci de nous soutenir dans notre engagement.

Le montant a été fixé pour les membres à 35€, et à 25€ pour les amis en 2020, à adresser par chèque à notre trésorier, Bernard Lallement, 142 rue Boucicaut, 92260 Fontenay aux Roses.

Pour tout virement, voici les coordonnées bancaires de l’AFDMA :

Compte n° 08231147386 auprès de la Caisse d’Epargne d’Île-de-France

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